La bonne alimentation pour les problèmes de la thyroïde

L'alimentation permet de remédier aux effets d'un dysfonctionnement de la thyroïde. Quelles sont les règles alimentaires à respecter ? Focus.

© 123RF - Corinne Peron

Selon la Fondation canadienne de la Thyroïde, 200 millions de personnes dans le monde seraient touchées par des troubles de la thyroïde, cette petite glande située dans la partie avant du cou (devant les cordes vocales), et qui assure le bien-être de nos fonctions vitales. Lorsqu'elle marche au ralenti (hypothyroïdie) ou qu'elle s'emballe (hyperthyroïdie), le capital forme peut diminuer, le sommeil peut être altéré, le poids peut varier, le transit et l'humeur peuvent fluctuer. Hormis les traitements thérapeutiques évidemment centraux, l'alimentation joue également un rôle dans la régulation de la thyroïde. Explications.

Le rôle de la thyroïde

La thyroïde est une glande située au niveau du cou qui sécrète des hormones thyroïdiennes contenant de l'iode, élément indispensable à la thyroïde et à la production de ces hormones thyroïdiennes. Elles sont essentielles au métabolisme de base, dans la régulation de la température corporelle, à la reproduction, à la croissance, de la production de cellules sanguines ainsi qu'au développement du système nerveux et du fonctionnement des muscles. Si elle témoigne d'un dysfonctionnement, de nombreux symptômes peuvent apparaître, comme une prise ou perte de poids, une augmentation des risques de maladies cardiovasculaires, la fatigue, ou encore une perte de mémoire. "Certains troubles de la thyroïde nécessitent de revoir certaines de ses habitudes alimentaires. En effet, une alimentation spécifique adaptée à chacune des pathologies va stabiliser les besoins en hormones thyroïdiennes", explique Jean-Marc Comas, endocrinologue et auteur de "Planète Thyroïde".

Les aliments à privilégier. Les aliments à favoriser en cas d'hypothyroïdie sont ceux qui contiennent le plus d'iode. "Élément indispensable à notre organisme, il faut en consommer ni trop, ni trop peu", précise l'expert. Notez que les besoins journaliers moyens d'un adulte sont de 150 μg. En cas de dysfonctionnement de la thyroïde, il faut davantage combler les manques en iode. Généralement, les fruits de mer, les coquillages, les poissons (haddock fumé, morue, sardines), et certaines algues (wakamés, noris) contiennent beaucoup d'iode. Certains légumes (épinards, cresson), les œufs, les céréales (seigle, avoine), les produits laitiers, les fruits secs ou encore la viande sont également de bonnes sources en iode.

Autre oligoélément à favoriser : le sélénium (besoin maximum journalier pour un adulte : 100 μg) qui est un excellent antioxydant et est essentiel à l'activité de la glande thyroïde. On trouve du sélénium un peu partout dans notre alimentation, particulièrement dans les produits d'origine animale (viandes, abats, charcuteries, fromages, poissons, crustacés...), surtout le jaune d'œuf.

Enfin, "le zinc, oligoélément antioxydant présente aussi un intérêt pour le métabolisme thyroïdien. De nombreux aliments en sont pourvus comme les huîtres, les abats, la viande rouge, le pain complet et les œufs", ajoute endocrinologue.

Les aliments à éviter. Il faut limiter au maximum la consommation de sucres rapides. On consommera avec parcimonie les aliments comme les biscuits, les bonbons, les fritures ainsi que les plats préparés. De même, le café, le thé, le cacao, la moutarde et les épices sont à éviter car trop agressifs pour la glande thyroïdienne. Également, certains aliments dits "goitrogènes" (le goitre est l'augmentation de volume de la glande thyroïde, qui n'indique pas forcément la présence d'une affection), comme les crucifères (chou de Bruxelles, chou-fleur, brocoli...), le navet, le radis, la patate douce, ou le manioc, qui ralentissent le fonctionnement de la glande thyroïde en l'empêchant d'absorber de l'iode, même si bien les cuire permet de ralentir leurs méfaits.

Le recours à la micro-nutrition. Certains compléments alimentaires peuvent permettre de soulager les maladies thyroïdiennes, à condition de toujours les consommer sous surveillance médicale et selon le type de la pathologie. Retenons ceux qui apporteront du chlorure de magnésium, du sélénium, du zinc et de la vitamine B6 qui permettent de réguler la fonction de la thyroïde.

Enfin, le recours à la phytothérapie (soigner par les plantes) doit toujours s'effectuer avec un bon niveau de connaissances. En effet, "l'auto-médication par les plantes est certes intéressante pour les troubles thyroïdiens, mais peut également conduire à de sévères complications. Parmi les plantes efficaces, citons la lycope, l'aubépine ou la mélisse qui permettent de contrer les effets d'une hyperthyroïdie. En cas d'hypothyroïdie, un traitement médical est plus adapté", conclut le Docteur Comas. 

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