Trop gras, trop sucré... Le nouveau code couleur qui va nous simplifier la vie

Ce nouveau dispositif d’étiquetage des aliments qui fait l’objet d’un projet de loi sera examiné en mars. Objectif : aider les consommateurs à faire le tri entre les aliments "bons pour la santé", et les autres… Explications.

Trop gras, trop sucré... Le nouveau code couleur qui va nous simplifier la vie
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Du vert pour les produits équilibrés, au rouge pour les aliments trop gras ou trop sucrés, en passant par des niveaux intermédiaires (jaune, orange, rose), c’est le principe simple choisi par la ministre de la Santé pour simplifier les étiquettes alimentaires des aliments. Concrètement, pour aider le consommateur à identifier les produits les plus nocifs pour la santé, l’emballage sera associé à une couleur et il sera ainsi plus facile de comparer les marques entre elles. 

Car entre le sel caché des plats préparés et les taux de sucres record retrouvés dans les céréales du petit déjeuner, autant dire que les produits les plus équilibrés sur le plan nutritionnel ne sont souvent pas ceux que l’on croit. Les étiquettes sont le plus fréquemment complexes, voire illisibles, les industriels ne facilitant pas la tâche des consommateurs.

Testé et approuvé. Selon une étude de l’UFC Que choisir, la proposition d’étiquetage simplifié retenue par le ministère de la Santé est sur le principe plus que probante. L’association de consommateurs qui a réalisé une simulation d'étiquetage sur 300 produits de consommation courante, ciblés sur les principaux repas de la journée (petit déjeuner, déjeuner/dîner, goûter), conclut que le dispositif est efficace. "C'est un outil véritablement informatif, qui permet de voir d'un seul coup d’oeil la qualité nutritionnelle d'un produit" et de sortir de l'étiquetage actuel trop complexe, basé sur une présentation chiffrée des différents nutriments (glucides, lipides, protéines...) pour 100 grammes, que 82 % des consommateurs ne comprennent pas, précise le président de l'UFC-Que Choisir. En outre, il devrait permettre de mettre à mal un certain nombre d’idées reçues. "On pourra limiter les occasions de consommation de la barre céréalière Frosties écopant du rouge, comme le Brownie chocolat pépites de Brossard pour préférer par exemple les Muffins recette anglaise de chez Carrefour qui, même avec de la confiture, arborent un macaron jaune tout à fait recommandable dans le cadre d’une consommation quotidienne."

Les céréales épinglées. Sur la catégorie des céréales du petit déjeuner, l’enquête UFC Que choisir montre que la grande majorité des produits (73 %) se situent en orange. Et cela vaut aussi bien pour des céréales Kellogg's Spécial K, portant sur leur paquet "seulement 1,5 % de matières grasses" ou Nestlé Fitness, suggérant par son appellation être bon pour la santé, que pour des céréales "Smacks" sans mention particulière. L'étude montre également que sur certaines catégories de produits, notamment ceux du petit déjeuner, la majorité de ce qui est proposé en rayon est aujourd'hui trop sucré et trop gras. Pour cela il suffit de comparer des céréales mises sur le marché il y a plusieurs dizaines d'années (Quaker Oats de Quaker, classées verte) et d'autres plus récentes (Trésor de Kellogg's, classées rose) pour se rendre compte de la "dégradation nutritionnelle" croissante de l'offre au fil du temps.

Une mesure pour faire plier les industriels ? Reste que ce nouvel étiquetage ne se ferait que sur la base du volontariat, puisque le règlement européen interdit de le rendre obligatoire. Mais en faisant davantage ressortir les produits équilibrés, le code couleur devrait avoir un "effet incitatif" sur les industriels pour les pousser à améliorer leurs recettes, estime l'UFC.

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