Rupture d'anévrisme : prévenir et soigner Non rompu, l'anévrisme est souvent asymptomatique

on peut très bien vivre avec un anévrisme toute sa vie sans éprouver aucun
On peut très bien vivre avec un anévrisme toute sa vie sans éprouver aucun symptôme particulier. © Goodshoot/Thinkstock

Si la rupture est spectaculaire, l'anévrisme en lui-même ne l'est que très rarement. On estime que 2% à 3% de la population serait porteuse d'un anévrisme, la plupart du temps sans le savoir.

"Les anévrismes sont généralement asymptomatiques, souligne le Pr Moret. C'est bien la raison pour laquelle la plupart des gens ignorent qu'ils en sont porteurs. Seuls quelques cas très spécifiques présentent des symptômes. Par exemple, si l'anévrisme est situé près des nerfs optiques, ils peuvent entraîner des troubles tels que la paupière qui tombe brusquement."

Dans la majorité des cas, les anévrismes non rompus sont découverts fortuitement. "La personne consulte pour une sinusite ou des douleurs quelconques qui n'ont rien à voir avec l'anévrisme. Les médecins prescrivent beaucoup d'IRM et de scanners. C'est au cours de ces examens qu'on découvre alors la déformation."

Risques de rupture : 2% par an

Se pose alors le problème crucial : faut-il ou non traiter ? Pour l'heure, aucune réponse scientifique n'est disponible. Les spécialistes disposent seulement de quelques données statistiques pour faire leur choix : "On sait que lorsque l'anévrisme fait moins de 5 mm, le risque qu'il se rompe est de 0,5 % par an. S'il fait entre 5 et 12 mm, ce risque grimpe à 1,5 % à 2 % par an, explique Jacques Moret. Ce risque n'évolue pas avec le temps. Au bout de dix ans, le patient aura toujours 2% de risques par an. Mais au total, sur ces dix années, il aura pris 20 % de risques."

Aujourd'hui, le médecin doit donc décider en son âme et conscience d'opérer ou non, en fonction de plusieurs éléments. La taille de l'anévrisme est bien sûr prise en compte, mais aussi sa morphologie, sa localisation (peut-on l'atteindre facilement ?) et la capacité du malade à tolérer l'idée de l'anévrisme. "Certains patients ne supportent pas l'idée de cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête."

Lorsque le médecin décide de traiter, il utilise la même technique que pour un anévrisme rompu, c'est-à-dire, le plus souvent, l'embolisation. Les patients qui ne sont pas traités sont ensuite suivis régulièrement, pour déterminer si l'anévrisme évolue. "Au départ, un examen tous les deux ans, estime Jacques Moret. Puis si rien ne change, on espace ces contrôles. Le souci étant qu'un anévrisme peut changer brutalement de forme et se rompre. On n'est donc pas à l'abri de passer à côté."

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