Rupture d'anévrisme : prévenir et soigner Etude TEAM : pour une réponse scientifique

le médecin peut proposer aux patients qui répondent aux critères d'être intégrés
Le médecin peut proposer aux patients qui répondent aux critères d'être intégrés à l'étude TEAM. © Thinkstock

Devant cette difficile incertitude quant à la méthode à privilégier, des spécialistes du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, appuyés par la Société française de neuroradiologie, viennent de lancer une grande étude, baptisée TEAM. Le but : apporter une réponse scientifique pour déterminer s'il est préférable ou non de pratiquer une intervention sur un patient porteur d'anévrisme.

"Le principe est simple : 2002 patients "recommandés" par différents services à travers le monde participeront à l'étude, explique Jacques Moret, l'un des responsables de TEAM. La moitié d'entre eux sera traitée, l'autre moitié simplement suivie. Le tout se déroule sur dix ans. Au terme de ces dix ans, on analysera les données enregistrées pour savoir quelle solution représente le moins de risques pour les patients. C'est la seule façon d'avoir une réponse scientifique à cette question cruciale."

Lorsqu'un service participe à l'étude, le médecin peut proposer au patient de s'inscrire. "Il faut bien lui faire comprendre qu'il ne sera pas forcément traité. Bien évidemment, nous ne proposons qu'aux patients dont on estime que le traitement n'est pas obligatoire. Si un homme de trente ans avec un anévrisme de 10 mm, facile à atteindre, se présente, je ne vais pas lui proposer l'étude mais le traiter dès que possible", précise le Pr Moret.

Coût élevé

Une fois entré dans l'étude, le patient remplit un formulaire. C'est l'ordinateur qui tire au sort, avec le numéro du formulaire, pour déterminer si un sujet sera ou non traité. 1001 le seront, 1001 bénéficieront d'un simple suivi. Au terme des dix ans, il sera possible de déterminer quelle solution comporte le plus de risques. "En termes de traitement, toutes méthodes confondues, on sait que le risque de décès est de 1% et celui de complications de 2%", résume Jacques Moret. Ne reste plus qu'à savoir si ce risque vaut la peine d'être couru.

"Mais cette étude est à double tranchant ! Certes, nous aurons une réponse claire. Mais si la réponse est "Il faut traiter", cela va coûter cher à la sécu ! Car au-delà du fait qu'il faudra emboliser tous les anévrismes découverts, cela induit qu'il faudra aussi dépister les anévrismes puisque l'intérêt du patient est de les traiter." A raison d'un examen par an et par habitant de plus de 35 ans, pas difficile de comprendre que cela devient un gouffre financier...

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