Maladie d'Alzheimer : 10 réponses essentielles Alzheimer : comment financer ?

Si la sécurité sociale finance les soins strictement médicaux, les personnes frappées par la maladie d'Alzheimer ont souvent besoin d'une assistance qui demeure à leur charge. Passage en revue des principales aides financières disponibles.

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L'Allocation personnalisée d'autonomie permet de faire intervenir des professionnels à domicile. © Gilles Lougassi - Fotolia.com

Avant toute chose, votre médecin aidera le patient et sa famille à faire reconnaître sa maladie comme Affection de longue durée (ALD). Ainsi, les soins et traitements médicaux liés à Alzheimer seront pris en charge à 100%. De même, faites les démarches pour obtenir une carte d'invalidité qui, dans le cas de la maladie d'Alzheimer devrait mentionner un taux d'invalidité de 80% à 100%. Cette carte permet d'obtenir d'importantes réductions dans les transports pour le malade et la personne qui l'accompagne, ainsi que des avantages fiscaux.

Si le patient est âgé de plus de 60 ans, il peut prétendre à l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA). "Cette allocation financière permet d'aider à la prise en charge d'une aide à domicile, de journées de répit pour la personne aidante ou encore de matériel, explique Christine Lebée. Les montants de l'APA sont variables et dégressifs, fixés en fonction de la dépendance de la personne bénéficiaire. On parle d'allocation universelle parce qu'elle est identique sur tout le territoire français." L'Allocation n'est pas soumise à conditions de ressources. En revanche, un ticket modérateur sera établi en fonction des revenus du bénéficiaire. Ce ticket à payer sera d'autant plus élevé que la personne a des ressources importantes. "C'est la seule véritable aide financière disponible en tant que telle", souligne Christine Lebée.

Lorsqu'arrive le moment d'entrer en maison de retraite médicalisée, le Département peut intervenir dans le cadre de l'Aide sociale à l'adulte (ASA) pour compléter des ressources pas assez importantes. En effet, le coût de la prise en charge peut être très élevé : compter en moyenne 2000 euros par mois pour des prestations basiques, en région parisienne. "Avant que l'aide départementale ne soit accordée, on procède à une enquête sur la situation financière du bénéficiaire mais aussi de ses obligés alimentaires (ses descendants, NDLR)." En fonction des résultats, le Département va décider du montant de son éventuelle participation ainsi que de celles des obligés. Quels que soient ses revenus, le bénéficiaire se verra prélever 90 % de cette somme au titre de la participation aux frais. Au décès de la personne, si elle possédait des biens (maison, etc.), ils seront vendus et le Département pourra ainsi récupérer les sommes versées. Si le bénéficiaire n'avait aucune possession, les obligés alimentaires n'auront rien à rembourser. L'ASA peut également être invoquée alors que la personne malade est toujours chez elle mais que ses ressources ne sont pas suffisantes pour subvenir à ses besoins.

Les personnes avec de faibles ressources peuvent également avoir recours à des soins totalement pris en charge par la sécurité sociale. Ainsi, il est possible de faire appel à une infirmière pour effectuer des soins sur prescription, le souci étant que l'on manque cruellement d'infirmières libérales. De même, les personnes qui n'ont pas les moyens de payer une maison de retraite peuvent être hospitalisées lorsqu'elles ne peuvent plus vivre chez elles. Quant à l'hôpital de jour, qui permet d'établir un bilan et d'apprendre à mieux vivre avec sa maladie, il est entièrement financé par la sécurité sociale. En revanche, l'accueil de jour, qui permet notamment de soulager le quotidien des familles, est totalement aux frais du malade. "Certains départements pratiquent tout de même des tarifs différents selon les revenus de la personne", souligne-t-on au Clic.

C'est beaucoup plus rare, mais certains patients déclarent la maladie d'Alzheimer avant 60 ans. Dans ce cas, ils ne relèvent pas de l'APA mais de l'Allocation aux adultes handicapés. Le taux d'incapacité est déterminé par la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH). La personne malade peut également prétendre à une indemnité journalière qui compense la perte de salaire liée à un arrêt de travail. Dans le cas des ALD, les indemnités journalières peuvent être versées pour une durée maximale de trois ans.

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