Maladie d'Alzheimer : 10 réponses essentielles Alzheimer : pourquoi la mémoire diminue ?

La première chose qui vient à l'esprit lorsque l'on évoque la maladie d'Alzheimer, ce sont les pertes de mémoire. Non, ça ne vous revient pas ? Alors, vous avez tout lieu de vous inquiéter...

l'hippocampe, c'est un bel animal marin, mais aussi une région du cerveau
L'hippocampe, c'est un bel animal marin, mais aussi une région du cerveau chargée de la mémoire. C'est l'une des premières aires touchées dans la maladie. © Andrea Danti - Fotolia.com

Quoi qu'il en soit, les troubles de la mémoire sont inhérents à la maladie d'Alzheimer, mais le contraire n'est pas vrai : ça n'est pas parce qu'une personne âgée a la mémoire qui flanche que cela signifie nécessairement que c'est Alzheimer.
Le Pr Dubois tempère nos craintes : "A partir de 55 ans, plus de la moitié des personnes se plaignent de troubles de la mémoire. Souvent, ce n'en sont pas vraiment, mais plutôt un déficit de l'attention. En effet, pour mémoriser, notre cerveau a besoin d'enregistrer l'information, ce qu'il ne fera que si le processus est conscient, c'est-à-dire si la personne y fait attention. La mémoire est un processus attentionnel. Ainsi, ce qui est souvent pris pour des pertes de mémoire ne correspond en fait qu'à des troubles attentionnels."
Aux troubles de la mémoire, premières manifestations de la maladie, vont s'ajouter les troubles du langage, des gestes, du comportement et de la reconnaissance. Les troubles du langage par exemple concernent aussi bien la compréhension orale que la capacité à s'exprimer.
Forme la plus répandue de démence, la maladie d'Alzheimer s'exprimera différemment d'une personne à une autre. Certains auront plus de difficultés à s'exprimer alors que chez d'autres, ce sont les troubles du comportement qui vont être exacerbés.
Mais d'où proviennent ces troubles ? Quelles sont les manifestations physiologiques de la maladie ?

Plaques amyloïdes

C'est au cœur du cerveau que se trouve la réponse. D'ailleurs, seule une autopsie du cerveau permet d'aboutir à un diagnostic certain d'Alzheimer. Il faut aller regarder à l'échelle du neurone pour trouver la cause des symptômes liés à la maladie d'Alzheimer. Les responsables sont les plaques séniles, ou plaques amyloïdes. La formation des ces plaques correspond à l'accumulation d'une protéine anormale, la bêta-amyloïde, fruit d'un mauvais clivage d'une autre protéine, l'APP. Une fois le processus enclenché, c'est la mort du neurone assuré, et petit à petit, ce sont des aires cérébrales qui sont touchées.

"Les souvenirs déjà emmagasinés ne sont pas altérés. C'est pourquoi les personnes malades peuvent parfaitement se souvenir de leur mariage ou de leurs 20 ans."

D'autres types de lésions peuvent être observées dans le cerveau de malades : cette fois-ci, c'est au cœur même des neurones qu'il faut plonger. Le mécanisme est analogue à celui des plaques amyloïdes : c'est l'accumulation d'une protéine (tau) impliquée dans la structure cellulaire, anormalement constituée qui conduit à la mort du neurone. La différence majeure réside dans la localisation intracellulaire de la protéine.
Le plus souvent, ces plaques sont localisées au niveau de l'hippocampe - "une sorte de péage de l'autoroute des souvenirs" comme se plait à l'appeler le Pr Dubois - et dans le néocortex. Cette couche cérébrale, que seuls les mammifères possèdent, est impliquée dans de nombreuses fonctions, dont la perception sensorielle, la génération des commandes motrices, l'orientation spatiale, les processus de pensée et le langage.

Mémoire des faits récents endommagée

La destruction évolutive du tissu nerveux au niveau de l'hippocampe et du néocortex conduit à une détérioration progressive des fonctions commandées par ces aires. Le Pr Dubois nous explique les mécanismes à l'origine de la perte de mémoire : "Les premières lésions, que l'on peut observer dès l'âge de 40 ans, se forment au niveau de l'hippocampe, siège de la mémoire des faits récents. Mais l'apparition de lésions ne signifie pas forcément qu'il y ait de symptôme associé : la maladie est dite asymptomatique. Lorsque cette région cérébrale est endommagée, il est impossible de former de nouveaux souvenirs. Par contre, les souvenirs déjà emmagasinés ne sont pas altérés. C'est pourquoi les personnes malades peuvent parfaitement se souvenir de leur mariage ou de leurs 20 ans, mais pas de ce qu'ils ont fait la veille au soir ou du décès récent d'un proche".

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