Tout pour comprendre la sclérose en plaques Un diagnostic facile à poser, difficile à annoncer

 

Si la sclérose en plaques a longtemps été difficile à diagnostiquer, les choses sont aujourd'hui beaucoup plus simples. C'est même devenu "très facile, estime le Pr Créange. Ce qui ne l'est pas, c'est l'annonce et l'acceptation de ce diagnostic."

Pour autant, il faudra tout de même un peu de temps avant que la suspicion d'une sclérose en plaques puisse être confirmée. En effet, l'un des arguments cliniques les plus convaincants, ce sont les épisodes de crise à répétition. Par définition, il faut donc qu'il y en ait eu plusieurs avant que l'on puisse parler d'épisodes.

Lorsqu'il suspecte une sclérose en plaques (Sep), le neurologue peut commander toute une batterie de tests qui, accumulés, vont pouvoir confirmer le diagnostic.

 L'IRM du cerveau permet de voir en détails l'état du système nerveux central et les éventuels dégâts provoqués par la Sep. Elle représente aussi la possibilité pour le médecin d'éliminer d'autres maladies aux symptômes approchants.

 Une ponction lombaire peut être effectuée pour observer le liquide céphalo-rachidien. On peut éventuellement y déceler une inflammation s'il s'agit bien d'une sclérose en plaques.

 Aujourd'hui, d'autres tests permettent également de mesurer la conduction de l'influx nerveux à travers les nerfs.

Difficile à entendre
Bref, une fois tous ces examens subis, le neurologue pourra dire avec certitude s'il s'agit, ou non, d'une sclérose en plaques. Mais le plus difficile reste à faire : il faut l'annoncer au patient. "Ce diagnostic n'est pas facile à donner, il faut qu'il soit compris et accepté par le patient, ce qui peut prendre du temps et avoir des conséquences graves. Ce n'est pas que cette maladie soit taboue mais elle est encore mal connue. Le grand public reste aujourd'hui encore avec l'idée d'une personne grabataire et démente. Il faut savoir expliquer à quel point les traitements ont évolué et permettent aujourd'hui de vivre beaucoup plus confortablement."

Cette angoisse à l'annonce du diagnostic, Marie l'a très mal vécue : "Je me souviens être sortie du cabinet de ce médecin très peu psychologue. Il m'a à peine regardée et m'a dit que j'aurais besoin d'un fauteuil roulant, c'est tout. Je suis ressortie et suis allée m'asseoir sur un banc, dans un parc. Ma vie s'écroulait. Je sanglotais en regardant les gens, heureux et insouciants, tout autour de moi. A ce moment-là, j'ai même voulu en finir avec la vie."

C'était il y a une quinzaine d'années. Aujourd'hui, la prise en charge des patients atteints de sclérose en plaques est mieux rodée. Ils sont orientés vers des structures pluridisciplinaires où ils bénéficient notamment d'un soutien psychologique adapté. 

 

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