La maladie de Parkinson en 12 points clé Un traitement médicamenteux pour remplacer la dopamine

Plusieurs types de médicaments existent depuis des années, qui permettent de réduire largement les symptômes liés à la maladie de Parkinson. Tous sont centrés sur la potentialisation de la transmission dopaminergique. Trois types de médicaments existent aujourd'hui.

 La L-dopa est à la fois la plus ancienne et probablement la plus efficace des molécules. Née à la fin des années 60, cette gélule contient un précurseur métabolique de la dopamine. Dans le cerveau, il va se transformer en dopamine et venir remplacer celle qui n'est plus produite naturellement par les neurones. "Ce médicament a révolutionné la prise en charge de la maladie, estime André Nieoullon. Son efficacité est très bonne et il a été bien accepté par les patients." Problème : son efficacité diminue malheureusement après quelques années d'utilisation et il va falloir augmenter régulièrement l'apport en médicaments. En outre, des effets secondaires apparaissent pour environ la moitié des patients, au bout de 5 à 10 ans de traitement, tels que des mouvements anormaux très invalidants. A tel point qu'il faut parfois arrêter le traitement.

 Une seconde classe de médicaments est arrivée dans les années 1980 : les agonistes dopaminergiques. Leur rôle est de remplacer la dopamine sur les récepteurs membranaires, ils miment l'effet de la molécule originale. Les effets secondaires sont moindres, mais l'efficacité aussi. "La stratégie thérapeutique est donc de commencer le traitement avec ces agonistes, quand le patient n'a pas encore trop de symptômes, explique le chercheur. Ainsi, on pourra introduire la L-Dopa, afin de prolonger son efficacité plus tard dans la maladie."

 Un troisième traitement permet de compléter les deux premiers médicaments. Son rôle est de s'opposer à la dégradation de la dopamine, qui est normalement détruite par des enzymes. Le médicament permet de bloquer cette dégradation, pour prolonger l'action de chaque molécule de dopamine. "Ce traitement est moins efficace que les deux premiers, mais il est souvent donné en association, pour renforcer l'action des autres médicaments", explique le président du comité scientifique.

 Différentes pistes thérapeutiques sont actuellement explorées pour donner le jour à de nouveaux médicaments. Ainsi, la Rasagiline, testée récemment, semble, en plus de l'effet symptomatique, avoir une action de ralentissement sur la progression de la maladie. " Mais pour l'instant ce n'est qu'une piste, encourageante, mais pas encore suffisante."

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