La maladie de Parkinson en 12 points clé Des causes encore non identifiées

 

Si l'on connaît bien la région du cerveau touchée et plus ou moins le processus de destruction des neurones, reste une grande inconnue : l'origine de la maladie de Parkinson. "Aujourd'hui, on ne peut que clamer notre ignorance", regrette André Nieoullon.

A une exception près, tout de même : pour environ 10 % des malades, on a identifié des mutations génétiques. "Ce n'est pas une maladie monogénique et cela ne suffit pas à l'expliquer, souligne le chercheur, mais on a mis le doigt sur des protéines qui sont impliquées dans le processus de dégénérescence ou de protection des neurones." Ainsi, une douzaine de mutations ont été identifiées, qui pourraient jouer un rôle dans la maladie, pour la plupart récessives. Mais on ne peut pas dire que cette forme particulière de la maladie de Parkinson soit héréditaire, même s'il y a des familles où la maladie est plus représentée que dans d'autres.

Pour l'autre forme de la maladie, celle qui concerne 90 % à 95 % des malades, on n'a tout simplement aucune idée de sa cause première. "On imagine que certains facteurs environnementaux joueraient un rôle toxique lorsqu'il y a une prédisposition génétique, comme pour le cancer."

Plusieurs éléments liés à l'environnement sont donc suspectés de jouer un rôle négatif, sans qu'aucune épidémiologique n'ait encore pu le prouver.

 L'âge est bien sûr un facteur de risque puisque les symptômes de la maladie surviennent le plus souvent autour de la soixantaine. Ceci dit, quand les symptômes arrivent, c'est le signe que le processus de destruction de neurones a commencé il y a déjà plusieurs années.

 Les pesticides pourraient être néfastes, "des études menées sur les animaux ont permis de constater des symptômes qui ressemblaient à ceux de la maladie de Parkinson. Par ailleurs, plusieurs études épidémiologiques semblent démontrer que la maladie est plus présente dans les populations d'agriculteurs utilisant des pesticides que dans la moyenne de la population."

 Certaines substances addictives, dérivées de l'héroïne par exemple, pourraient également jouer un rôle. "Ainsi, dans les années 1970 et 1980, en Californie, suite à des lots d'héroïne frelatée, on a enregistré une recrudescence de cas de syndromes parkinsoniens", note le Pr Nieoullon.

 Les virus joueraient peut-être également un rôle. On n'a jamais pu prouver le lien de cause à effet. Mais après l'épisode ravageur de grippe espagnole, au début du XXe siècle, on a noté, parmi les patients qui avaient contracté le virus, un nombre de cas plus élevé de maladie de Parkinson que parmi les gens qui n'avaient pas eu cette grippe.

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