Dr Drunat : "On peut vivre avec la maladie d'Alzheimer" Une prise en charge multiple et efficace

Est-ce qu'il y a des associations ou des endroits où l'on peut rencontrer des malades et leurs familles ?

Dr Drunat : Il y a plusieurs associations, essentiellement de familles, qui permettent de comparer son vécu à d'autres expériences, de trouver des solutions à des problèmes quotidiens, d'espérer un peu de répit et de s'orienter parmi les solutions sociales et médico-sociales.
A la mairie de votre municipalité, il faut s'adresser au Centre communal d'action sociale (CCAS) et sur Paris, au Point Paris émeraude (PPE).

Face à un proche malade, quelle attitude faut-il adopter ? C'est très difficile de garder son calme parfois.

D'une façon générale, ça n'est pas le malade qui peut s'adapter à son environnement, mais son environnement qui doit s'adapter à lui. La prise en charge de tels patients est difficile et lourde. Chaque cas est individuel, il n'y a pas de recette passe-partout. C'est en fonction du stade de la maladie, de la personnalité du malade et des ressources de l'environnement que se construit le projet de soin.
L'important est de rester soi-même. Il n'est pas conseillé de faire semblant (entrer dans le délire du malade) car vous pouvez être pris en défaut et perdre la confiance du malade. Par contre, il est conseillé de toujours décrire les efforts fournis pour aider le malade, même si ce dernier oublie car ce qui se gère, c'est aussi le confort psychique de l'entourage.

Cette maladie est-elle prise en charge à 100 % ?

Oui.

Les aides extérieures type aides ménagères sont elles à la charge des familles ou sinon comment peut-on les financer ?

Les aides peuvent être financées par les prestations sociales, notamment par le biais de l'Allocation personnalisée à l'autonomie (Apa) gérée par le département.

Est-ce que toutes les maisons de retraite prennent en charge Alzheimer ou en existe-t-il qui soient spécialisées ?

La plupart des patients en maison de retraite souffrent de pathologies de type Alzheimer. Le plus difficile à gérer, ce sont les symptômes comportementaux (déambulation, agitation, cris, etc.). Tous les établissements hébergeant des personnes âgées et dépendantes (EHPAD) ne sont pas formatés pour recevoir des malades difficiles.

Que pensez-vous des bracelets GSM pour localiser les personnes perdues ? Est-ce utile et comment en obtenir un ?

La géolocalisation est intéressante pour des personnes autonomes et déambulantes. Les systèmes actuels sont encore très imparfaits (cela ne fonctionne pas dans le métro, dans les tunnels et autres espaces souterrains...). Aujourd'hui, il n'y a pas de choix entre différents produits. Il faut attendre un peu qu'il y ait plus de produits sur le marché pour faire jouer la concurrence. Sinon, il faut les commander directement aux sociétés qui les commercialisent. Je ne crois pas qu'ils soient disponibles en pharmacie.


L'année dernière, Alzheimer a été décrété grande cause nationale. Concrètement, qu'est-ce que cela a changé ? Y a-t-il eu des financements supplémentaires, des projets développés, etc. ?

Aujourd'hui, il y a des promesses de financements. Ces espoirs ont permis de dynamiser le monde médical autour d'Alzheimer, de fédérer les projets de recherche et de contribuer à médiatiser une maladie qui reste encore taboue.

 

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