Alzheimer : bientôt un test de dépistage

Savoir si l'on risque d'être atteint de la maladie d'Alzheimer avec une simple prise de sang, pourrait devenir une réalité grâce à un test sanguin développé par des chercheurs américains.

Alzheimer : bientôt un test de dépistage
© Alexander Raths - Fotolia

De même qu'on mesure la glycémie pour identifier un patient diabétique, on pourrait donc diagnostiquer la maladie d'Alzheimer avec une simple prise de sang. Et cela, jusqu'à trois ans avant l'apparition des premiers symptômes. Telle est la découverte d'une équipe américaine dont les résultats sont publiés dans la revue médicale Nature Medecine. Le test sanguin permettrait en effet de prédire l'apparition de la maladie, avec une précision atteignant les 90 %. Comment ? Les malades de la maladie d'Alzheimer ont dans le sang des marqueurs de la maladie, identifiables avant même l'apparition des symptômes. Ces marqueurs, ce sont des graisses, qui se trouvent à un niveau plus bas lorsqu'on est atteint de la maladie d'Alzheimer. Si l'étude est confirmée, c'est une formidable piste pour prédire l'apparition de la maladie en amont. Le test pourrait faire l'objet d'essais cliniques dans deux ans, précisent les chercheurs. "Notre nouveau test sanguin offre la possibilité d'identifier les personnes à risque de déclin cognitif progressif et peut changer la manière dont les patients, leurs familles et les médecins traitants envisagent de gérer la maladie", souligne le Dr Howard J. Federoff, le principal auteur de l'étude, qui enseigne à l'Université Georgetown (Etats-Unis). Au-delà du fait de pouvoir savoir, ça serait pour les médecins un outil de diagnostic fiable. En effet, il est aujourd'hui compliqué de faire le lien entre des troubles de la mémoire et la maladie d'Alzheimer qui touche actuellement plus de 35 millions de personnes dans le monde. 

Vers un dépistage à grande échelle ? Aujourd'hui, le diagnostic de cette maladie neuro-dégénérative se base principalement sur une étude des symptômes mentaux et comportementaux, un examen physique, des tests neuropsychologiques et des tests de laboratoire. On utilise en effet des marqueurs biologiques que l'on dose dans le liquide céphalorachidien par une ponction lombaire.
Reste qu'on ne dispose pas à ce jour de traitement contre la maladie d'Alzheimer. On peut donc se poser la question de l'utilité d'un tel test. Les médicaments ne permettant en rien de ralentir les lésions et encore moins de les guérir. Cependant ces tests représentent un espoir que des médicaments puissent un jour guérir la maladie d'Alzheimer et il est primordial de dépister précocement pour pouvoir traiter la maladie au plus vite et donc au mieux. "C'est une étape majeure vers la commercialisation de biomarqueurs pré-cliniques de la maladie qui pourraient permettre un dépistage à grande échelle des personnes à risques", souligne le Dr Federoff qui espère que son test facilitera à terme la mise au point "d'un traitement permettant de retarder ou de prévenir la maladie".
D'après un récent sondage, les Français seraient très largement favorables (90 %) au diagnostic de la maladie d'Alzheimer, même plusieurs années avant l'apparition des symptômes. 

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