La musique pour vaincre la dyslexie ?

Selon une récente étude, la musique permettrait aux enfants dyslexiques de rattraper leur retard de lecture. Une approche complémentaire à l’orthophonie.

La musique pour vaincre la dyslexie ?
© chalabala

Souvent liée à un problème auditif, la dyslexie résulte de la difficulté à discriminer certains sons comme B et P, entraînant des difficultés de lecture. Pour aider les enfants à venir à bout de ce trouble, des séances hebdomadaires de musique rythmée seraient particulièrement efficaces. Une étude publiée dans la revue Plos One a en effet constaté que des enfants dyslexiques ont rattrapé leur retard de lecture en suivant des cours de musique pendant six mois.

Des résultats très concluants. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont soumis une cinquantaine d’enfants dyslexiques âgés de 8 à 11 ans, à une cure d’apprentissage musical ou d’art plastique pendant six mois. Les bambins avaient alors deux séances hebdomadaires de musique ou d’art plastique, complétées par des exercices quotidiens d’orthophonie. Il est apparu que 60% des enfants qui allaient à des cours de musique s’étaient améliorés en lecture jusqu’à sortir des critères de dyslexie, contre 28% pour ceux qui suivaient des cours d’art plastique. De même, 75% des enfants du groupe "musique" ont réussi à déchiffrer des mots inventés dans un texte contre 36% dans le groupe "art plastique". La comparaison de ces deux groupes a en fait permis de vérifier que les progrès en lecture n’étaient pas "liés à l’investissement personnel dans une activité ou encore au fait de vieillir de quelques mois", selon le communiqué de l’Inserm.

Des difficultés de lecture mais aussi de rythme. De précédents travaux avaient déjà montré que "le traitement de la musique et du langage s’effectue dans les mêmes zones du cerveau". Il a ainsi été constaté que des grands musiciens qui s’exercent pendant plusieurs heures ont des capacités de langage exacerbées. Ils ont également plus de facilités à discriminer les sons et à apprendre une langue étrangère. A l’inverse, "les enfants qui ont des difficultés en lecture présentent également des problèmes de coordination sur le rythme que ce soit en chant, en danse, ou tout simplement en tapant des mains sur une mélodie".

Une approche complémentaire. Avec cette nouvelle étude, il n’y a plus de doute quant à l’intérêt de la musique pour les enfants dyslexiques. Si les cours ne demandent pas aux professeurs d’être particulièrement qualifiés, il est préférable que la musique soit rythmée pour que l’enfant ait envie d’y aller. Mais attention, l’orthophonie n’est pas à proscrire ! En effet, "ces séances [de musique, ndlr] doivent venir en complément de l’orthophonie qui n’a jamais été abandonnée pendant notre étude et qui reste un pivot de la prise en charge", a assuré Daniel Schön, chercheur à l’Inserm et coauteur de ces travaux.

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