Méningite : connaissez-vous les premiers symptômes ?

Le Royaume-Uni annonce qu’il va mettre en place un programme de vaccination contre la méningite B pour les nouveaux-nés. Cette infection bactérienne est rare mais néanmoins redoutable. Et pour cause : elle peut tuer en 24 heures ou laisser d’importantes séquelles.

Méningite : connaissez-vous les premiers symptômes ?
© Fotolia.com

Un premier programme national de vaccination contre la méningite B vient d’être lancé au Royaume-Uni pour immuniser les nouveaux-nés contre le méningocoque de sérogroupe B. Bien que le vaccin dispose d’une autorisation de mise sur le marché dans l’Union européenne depuis janvier 2013, le Royaume-Uni est le premier pays à se lancer dans la vaccination de masse. Ainsi, le Bexsero des laboratoires Novartis, n’est pas (encore) recommandé en France dans le cadre du calendrier vaccinal. Le vaccin étant récent, les autorités de santé attendent en effet d’avoir suffisamment de recul sur son efficacité et sa durée d’immunité avant de donner leur aval. L’expérience du Royaume-Uni pourrait donc fournir des données intéressantes. La directrice de l'association Meningitis Now, Sue Davie, a  estimé qu'il s'agissait "d'une avancée majeure" contre cette infection, souvent difficile à diagnostiquer en raison de ses symptômes peu spécifiques. 

Fièvre, raideur de la nuque... La méningite effraie, et à juste titre : lorsqu'elle est d'origine bactérienne, elle peut être foudroyante en l’espace de quelques heures ou laisser sa victime avec de lourdes séquelles. Mais pour les parents, il est parfois difficile de réaliser la gravité des symptômes alors qu'il est indispensable de réagir très rapidement afin de bénéficier des traitements antibiotiques. Chaque année en France, sur 600 cas de méningites, le taux de décès est de 10 %. Et parmi les enfants qui s'en sortent, 50 % gardent des séquelles handicapantes, à vie : surdité, épilepsie, convulsions, amputations, handicaps moteurs, mais aussi difficultés cognitives, inadaptation scolaire, etc. En premier lieu, il faut savoir que la méningite bactérienne est imprévisible. Aussi, peut-elle toucher tout le monde, y compris les enfants en parfait état de santé. Elle se manifeste par des signes infectieux : fièvre élevée, maux de tête et vomissements. De plus, elle s’accompagne d’un syndrome méningé, c'est-à-dire d'une raideur de la nuque accompagnée d'une gêne à la lumière. Chez le nouveau-né, l’éruption de points rouges ou mauves qui ne disparaissent pas à la pression (purpura) doivent alerter. 

Vaccination insuffisante contre la méningite C en France. Si le vaccin contre la méningite B n'est pas disponible en France, celui contre la méningite C est recommandé dans le cadre du calendrier vaccinal chez les nourrissons (à l’âge de 12 mois) et en rattrapage jusqu’à 24 ans. Mais, la couverture vaccinale demeure insuffisante, notamment chez les 15-24 ans. Selon l’InVS, la couverture vaccinale était proche de 50 % pour les enfants de 1-4 ans en 2012 ; de 13 % chez les adolescents de 15-19 ans et inférieure à 5 % chez les 20-24 ans, soit bien moindre que ceux des autres pays. En particulier en Grande-Bretagne (encore), où la couverture vaccinale est de 87 %, suite à une vaste campagne de vaccination en milieu scolaire. En France, on est donc loin des taux de couverture vaccinale nécessaires pour avoir une immunité de groupe. En d'autres termes, même si la méningite est plus fréquente chez les nourrissons, il faut aussi vacciner les adolescents afin qu'ils ne contaminent pas les plus jeunes. D'autant plus que le méningocoque est très contagieux. De simples postillons ou des contacts directs peuvent suffire à transmettre la bactérie. 

La méningite est une infection des méninges, ces enveloppes qui entourent le cerveau. Elle peut être causée par une bactérie ou par un virus. Les méningites virales étant les plus répandues mais les moins graves. Les bactériennes (méningites à méningocoques) étant les plus graves. Parmi ces dernières, les plus fréquentes sont les méningocoques de type B (2/3 des cas) et de type C (1/4 des cas). Elles surviennent essentiellement chez les nourrissons et chez les moins de 5 ans, ainsi que chez les adolescents avant 25 ans. 

Lire aussi