Prévenir et soulager l'arthrose au quotidien La pose de prothèse, une intervention presque bénigne

polyéthylène ou céramique, la prothèse de hanche reproduit le fonctionnement
Polyéthylène ou céramique, la prothèse de hanche reproduit le fonctionnement d'une hanche humaine. © NICOLAS LARENTO - Fotolia

Votre hanche est complètement détruite et vous souffrez le martyr. Impossible de bouger votre genou, vous ne parvenez plus à vous déplacer, même en claudiquant. Il ne vous reste qu'une solution pour venir à bout de vos douleurs et retrouver votre intégrité physique : la pose d'une prothèse. Tout de suite, des images peu agréables s'imposent à vous. Charcutage, cicatrices atroces, anesthésie générale épuisante, immobilisation pendant des semaines et tout le cortège d'effets secondaires liés à une lourde opération. Détrompez-vous ! Aujourd'hui, la pose d'une prothèse est une opération facile pour celui qui la maîtrise.

"C'est tout simple : il suffit de remplacer l'articulation détruite par une autre, artificielle", explique Christian Brégeon. La technique existe depuis les années 1960 pour les prothèses de hanche, depuis les années 1970 pour celles du genou. Aujourd'hui, on peut même remplacer une cheville, une épaule, voire même l'articulation entre le pouce et la main." Le principe de la prothèse est de copier au plus près une véritable articulation. Ainsi, une prothèse totale de hanche se compose d'une tige, qui est insérée dans le fémur, d'un col, et d'une tête. Le matériau utilisé est généralement du polyéthylène ou de la céramique.

Généralement, la prothèse est posée entre 60 et 70 ans. Mais elle peut l'être avant si nécessaire, voire bien après. "Il n'y a pas de limite d'âge, précise le Dr Brégeon. Tout dépend de la condition physique du patient. Evidemment, si les risques liés à l'opération sont trop élevés, on renoncera."

"Quel soulagement !"
Quant à l'intervention elle-même, elle est aujourd'hui très bien maîtrisée. "Il faut 45 à 60 minutes pour poser une prothèse de hanche", estime Patrick Sichère. Les suites opératoires ? "Souvent très supportables. Beaucoup de patients sont debout dès le lendemain. Il faut compter quatre à six semaines pour retrouver une activité normale, sans douleurs, avec une mobilité similaire à celle que l'on connaissait avant de devenir arthrosique. Certains n'ont même pas besoin de rééducation." Encore une fois, tout dépend du patient. La plupart du temps, l'opération est suivie de quelques jours à deux semaines d'hospitalisation. Suite à quoi certains d'entre eux seront envoyés dans un centre de rééducation pour quelques semaines, afin d'apprivoiser leur nouvelle hanche. D'autres se verront prescrire des séances de kiné dans un centre en ville.

Eugénie se souvient de cette période : "J'avais un peu plus de 80 ans mais comme j'étais encore bien portante, les médecins ont estimé que ça valait la peine de m'opérer. Tout s'est très bien déroulé mais comme cela faisait longtemps que je n'avais plus trop d'activité physique, on m'a envoyé pendant trois semaines dans un centre de rééducation. J'ai remarché très vite. Quel soulagement de ne plus avoir de douleurs ! Aujourd'hui, je reste quand même sur mes gardes. Pourtant mes jambes fonctionnent très bien, mais je garde une certaine peur de perdre l'équilibre. Je n'ai jamais regretté cette opération. Même si je n'avais jamais remarché, le simple fait de ne plus souffrir a changé ma vie."

La pose d'une prothèse du genou peut être un peu plus délicate, notamment du point de vue des suites opératoires. "Les risques de faire une phlébite, c'est-à-dire qu'un caillot se forme dans le sang au niveau du site opératoire, est plus élevé. Des piqûres d'anticoagulants sont donc nécessaires pendant un certain temps. Mais, heureusement, les accidents sont rares", explique le Dr Brégeon.

Cheville, coude, pouce, épaule? Aujourd'hui, on sait remplacer à peu près n'importe quelle articulation. Mais ces interventions sont beaucoup plus rares, car il n'est pas fréquent que l'arthrose à ces niveaux devienne invalidante.

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