Prévenir et soulager l'arthrose au quotidien Médicaments : le soulagement, pas la guérison

dans un premier temps, le médecin prescrira des anti-douleurs.
Dans un premier temps, le médecin prescrira des anti-douleurs. © Andrey Kiselev - Fotolia

Malgré les progrès réalisés ces dernières années, l'arthrose ne se guérit toujours pas. Toute articulation détruite l'est définitivement. En revanche, on dispose aujourd'hui de nombreuses solutions pour soulager les symptômes de l'arthrose, ainsi que pour ralentir, voire enrayer le processus de destruction.

 "On va se préoccuper avant tout de traiter les douleurs liées à l'arthrose, qui peuvent être extrêmement handicapantes, explique le Dr Brégeon. Pour ce faire, on commence par les antalgiques. Hier c'était l'aspirine, aujourd'hui c'est le paracétamol qui est le plus utilisé. Il ne faut pas hésiter à en prendre jusqu'à 4 g par jour, répartis en plusieurs prises. Si vous prévoyez un effort physique, vous pouvez anticiper la douleur en augmentant la prise de paracétamol quelques heures avant." Les antalgique peuvent, et même doivent, être pris dès l'apparition des premières douleurs. "Il n'y a aucune contre-indication à les prendre sur le long terme. Au contraire, la diminution de la douleur pourrait même avoir un effet préventif ", estime le médecin. Lorsque la douleur devient intolérable, des produits morphiniques peuvent la soulager. "Mais ils doivent être utilisés de façon ponctuelle, en cas de crise."

 Lorsqu'il y a gonflement de l'articulation, cela signifie que les morceaux de cartilages qui se sont décrochés ont provoqué une inflammation. Pour soulager la personne malade, on peut alors faire appel aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). "Il ne faut pas hésiter à les prescrire, mais ils ne doivent être utilisés que pour quelques jours, quelques semaines au maximum, explique Christian Brégeon. S'ils n'ont pas, alors, fait effet, ils n'en auront pas plus sur le long terme." Parallèlement, il faudra protéger l'estomac, qui est souvent mis à l'épreuve lors de la prise d'AINS.

 Les infiltrations de corticoïdes, directement au niveau de l'articulation malade, sont également efficaces dans beaucoup de cas. "Il s'agit tout simplement d'injecter localement, avec une seringue, un produit dérivé de la cortisone", explique Christian Brégeon.

 Un autre type d'infiltrations a pour effet de rendre de la mobilité à l'articulation, c'est l'acide hyaluronique. "Il a pour effet de mettre de l'huile dans les rouages", sourit Patrick Sichère. En fait, il est déjà présent à l'état naturel dans le liquide synovial. Son rôle est de limiter les frottements. L'articulation arthrosique manque d'acide hyaluronique, il est donc intéressant d'en ajouter. Les effets de l'infiltration durent environ un an, voire plus. "Non seulement cela facilite le mouvement, mais cela stoppe pendant plusieurs mois l'évolution de la maladie", constate Patrick Sichère. Renouvelées régulièrement, ces infiltrations pourraient donc permettre d'enrayer l'évolution de l'arthrose. Mais l'on ne dispose pas encore d'assez de recul pour pouvoir l'affirmer, la technique étant assez récente. Il existe quelques effets secondaires tels que des douleurs transitoires, mais l'acide hyaluronique est généralement très bien supporté.

 Patrick Sichère ne renie pas non plus certaines méthodes alternatives telles que les cures thermales. "Leurs bienfaits sont avérés et elles permettent d'économiser sur la prise de traitements antidouleurs. Elles peuvent même avoir un effet direct sur l'arthrose."

 Phytothérapie, acupuncture, homéopathie? Autant de méthodes dont les effets ne sont pas prouvés, mais qui peuvent soulager certaines personnes.

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