Prévenir et soulager l'arthrose au quotidien L'arthrose du dos et des mains, moins invalidante

l'arthrose cervicale peut aller jusqu'à empêcher de tourner correctement la tête
L'arthrose cervicale peut aller jusqu'à empêcher de tourner correctement la tête sur le côté. © JPC-PROD - Fotolia

L'arthrose n'est pas toujours synonyme de douleurs handicapantes. La preuve : la colonne vertébrale est touchée chez les trois-quarts des personnes souffrant de cette affection, parfois sans même qu'elles s'en doutent. Bien souvent, ce type d'arthrose est découvert à la faveur d'une radio du dos pratiquée pour d'autres raisons.

Il existe tout de même des formes douloureuses d'arthrose du dos, notamment lorsqu'elle se situe au niveau des vertèbres cervicales. Elles sont souvent plus touchées en raison du nombre important de mouvements qu'on leur impose au cours d'une vie. Parfois, il arrive que les disques qui séparent les vertèbres, complètement usés, disparaissent. Les vertèbres viennent alors se souder entre elles au cours des années, limitant la capacité de mouvement du patient au niveau de la nuque. L'arthrose lombaire est également plus fréquente, pour les mêmes raisons.
On distingue deux formes d'arthrose de la colonne vertébrale : l'une touche directement les vertèbres tandis que l'autre détruit peu à peu les disques qui séparent chaque vertèbre.

Comme pour les autres articulations, les os de la colonne vertébrale vont se dégrader de plus en plus, sans espoir de guérison. Pourtant, paradoxalement, la maladie devient moins douloureuse et plus facile à vivre avec l'âge : le dos est moins sollicité dans les mouvements, plus rares. Comme la douleur est généralement déclenchée par l'utilisation de l'articulation, elle est donc moins fréquente.

Les doigts aussi
L'arthrose des doigts peut elle aussi revêtir différentes formes, beaucoup moins handicapantes que lorsque la maladie touche le genou ou la hanche. "On s'en aperçoit parfois à cause de la douleur, parfois parce que les mains se déforment", note le Dr Brégeon.

 L'arthrose du bout des doigts (entre la deuxième et la troisième phalanges) se distingue par l'apparition de petites boules dures : les nodosités d'Heberden. En fait, l'os réagit à la disparition du cartilage en fabriquant de la matière osseuse, ce qui provoque une déformation. Ces nodosités sont certes inesthétiques mais fort peu invalidantes. Elle peut être très douloureuse pendant les poussées, mais la maladie se stabilise après une dizaine d'années et la souffrance cesse en même temps.

 L'arthrose entre la première et la deuxième phalange est plus gênante. Elle provoque la formation de nodosités de Bouchard. Les douleurs et les déformations peuvent parfois gêner la préhension des objets. Cette forme de la maladie est plutôt rare et souvent secondaire à une maladie des cartilages.

 A l'inverse, la rhizarthrose, ou arthrose de la base du pouce, est plus souvent invalidante. Elle touche surtout les femmes, sans que l'on sache expliquer pourquoi. Dans sa forme la plus grave, la pause d'une prothèse peut être nécessaire, pour enrayer la douleur et permettre à nouveau d'utiliser la pince pouce-index.

En théorie, toutes les articulations peuvent être touchées par l'arthrose. Pourtant, certaines, telles que la cheville, sont relativement épargnées. Lorsque la maladie se déclenche au niveau de la cheville, elle est souvent consécutive à un choc ou à un traumatisme. Dans les cas les plus graves, la pose d'une prothèse peut là aussi être envisagée.

Presque anecdotique et pourtant agaçant au quotidien, l'arthrose du gros orteil. Oui oui, elle existe et porte même un nom acadabrantesque : on parle d'arthrose métatarso-phalangienne. Elle provoque une douleur à la marche, pouvant à la longue entraîner un manque de mobilité du gros orteil, accompagné de douleurs. Rien de bien grave, mais désagréable tout de même lorsqu'on aime bien sillonner la capitale à pied ou randonner en montagne.

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