Prévenir et soulager l'arthrose au quotidien L'arthrose de la hanche, handicapante à long terme

la pose d'une prothèse de hanche s'impose souvent après plusieurs années
La pose d'une prothèse de hanche s'impose souvent après plusieurs années d'arthrose. © psdesign1 - Fotolia

Si elle n'est pas la plus fréquente, l'arthrose de la hanche est, avec celle du genou, de très loin la plus handicapante. Egalement appelée coxarthrose, elle touche 10 % des personnes malades, aussi bien hommes que femmes.

Dans la moitié des cas, l'arthrose de la hanche est dite secondaire, c'est-à-dire qu'elle est la conséquence d'une autre pathologie. Par exemple, la dysplasie de la hanche, une malformation de l'extrémité du fémur, peut générer de l'arthrose si elle n'est pas corrigée rapidement. Même chose avec certaines affections osseuses ou articulaires au cours de la croissance. Ainsi témoigne Jean-Jacques : "C'est mon docteur qui m'a envoyé passer une radio du bassin il y a une trentaine d'années. Résultat, comme je suis breton, j'ai une bascule du bassin avec une jambe plus courte de trois centimètres. C'est parfois héréditaire en Bretagne! Le docteur qui avait demandé la radio m'a conseillé de mettre une semelle orthopédique d'un centimètre dans ma chaussure pour redresser le bassin du côté de la jambe plus courte."

La coxarthrose existe également de façon indépendante. Elle est liée à de nombreux facteurs de risque, difficiles à démêler.

 Certains sports comme les jeux de ballons sont particulièrement nocifs.

 
Certaines professions, notamment dans l'agriculture, engendrent une usure prématurée de ces articulations.

 
Même chose pour tous les traumatismes du type fracture.

La plupart du temps, l'évolution de la coxarthrose est relativement lente, elle se fait sur 15 à 20 ans. Les signes ne trompent pas : 

 
Douleurs au niveau de l'aine ou des fesses, de la cuisse, s'étendant parfois jusqu'au genou. 

 
Contrairement à une idée reçue, les douleurs dans le haut du bassin ne sont pas révélatrices de coxarthrose mais plutôt d'arthrose des lombaires.

 
Difficulté de plus en plus prononcée à la marche.

Pour diagnostiquer la maladie, le médecin va d'abord rechercher une boiterie à la marche ainsi qu'examiner les possibilités de mouvement de hanche lorsque le patient est allongé sur le ventre puis sur le dos. Cet examen sera complété par un questionnaire de qualité de vie qui permet de déterminer l'ampleur de la gêne. Des radios de la hanche permettront de confirmer le diagnostic.

Marche difficile

Le principal souci avec l'arthrose de la hanche, c'est qu'elle peut être très invalidante et, au final, empêcher sa victime de marcher. La raideur et la douleur sont telles qu'il lui devient impossible de faire un pas. Eugénie, 85 ans, se souvient de cette période difficile qu'elle a traversée il y a trois ans. "J'ai été têtue, je ne voulais pas consulter, je disais que les douleurs, c'était le lot des vieux. Résultat, quand je me suis enfin décidée à passer une radio, poussée par mes filles, la hanche était complètement détruite, il a fallu poser une prothèse totale. J'ai regretté de ne pas avoir consulté plus tôt car la douleur m'avait vraiment rendue irascible et presque dépressive. Sans compter que je ne pouvais pratiquement plus me déplacer."

Généralement, à terme, la pose d'une prothèse totale ou partielle de hanche devient inévitable. Elle supprime toute douleur et permet de retrouver une mobilité tout à fait convenable, mais doit être changée au bout de quinze à vingt ans.

 A lire aussi : Inquiétude autour des prothèses de hanche défectueuses

Arthrose