Les nouvelles armes pour lutter contre le cancer Cellules souches, nanoparticules... Pourquoi pas ?

Quelques autres pistes thérapeutiques sont à l'étude. Sans être aussi abouties, pour l'instant, que les thérapies ciblées, elles suscitent également l'espoir des chercheurs.

Les fameuses cellules embryonnaires, qui défraient régulièrement la chronique, pourraient un jour aboutir à des traitements contre le cancer.

"La médécine régénératrice, c'est l'idée de pouvoir un jour non plus tenter de réparer mais plutôt de remplacer les organes défaillants ", développe Christian Cailliot, de l'Inca. Les cellules souches, sont des cellules qui ne sont pas ou peu différenciées, c'est-à-dire qu'elles peuvent potentiellement se transformer en différents types de cellules.
Aujourd'hui, par exemple, avant une chimiothérapie qui tue les globules blancs, responsables de la lutte contre les infections, on peut prélever des cellules souches sanguines, les cultiver en laboratoire, puis les réinjecter une fois la chimiothérapie terminée, pour permettre une meilleure récupération de ces cellules et contrer ainsi les effets secondaires du traitement.

On peut aussi injecter des cellules issues d'un embryon ou du sang de cordon ombilical. "L'état immunologique de ces cellules est plus immature que celles des adultes, elles risquent donc moins d'être attaquées en tant que corps étranger quand elles seront greffées. Par ailleurs, elles se différencient plus facilement pour donner les cellules nécessaires. Une des voies de recherche aujourd'hui serait aussi de pouvoir reconstruire carrément un organe, à partir des cellules souches du patient. Mais tout cela n'est pour l'heure que purement expérimental. Sans compter que se posent également des problèmes éthiques."

Un milliard de cellules

Un souci tout de même, concernant la greffe autologue (c'est-à-dire avec les propres cellules de la personne malade) : il a développé un cancer une fois, on peut donc penser que ses cellules sont "programmées" pour développer ce cancer, qu'il s'agisse des anciennes cellules ou des nouvelles qui viennent d'être développées. 

Toujours concernant les cellules souches, Gilles Vassal évoque les recherches sur les cellules souches du cancer. "Si on pouvait identifier ces cellules souches tumorales, on pourrait probablement avoir recours à des traitements plus radicaux. C'est un grand espoir, encore faut-il réussir à identifier ces cellules souches." Et ce n'est pas une mince affaire puisqu'une "petite" tumeur de 1 cm contient pas moins de 1 milliard de cellules...

Autre piste intéressante, celle des nanoparticules : "C'est une voie toute récente, explique Christian Cailliot. L'idée est d'amener de façon plus efficace les molécules précisément là où on en a besoin, c'est-à-dire dans la cellule cancéreuse. Pour cela, ces nanoparticules sont couplées à d'autres substances comme certaines chimiothérapies, permettant ainsi de réduire considérable la dose de chimiothérapie nécessaire."

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