Aux petits soins pour mes reins La dialyse et la greffe

groupe d'enfants dialysés.
Groupe d'enfants dialysés. © fnair

Arrivé au stade d'insuffisance rénale terminale, un traitement à vie est indispensable, soit par la dialyse, soit par une greffe de rein. "En fait le patient connait généralement les deux types de traitement au cours de sa maladie. Soit il commence par la dialyse avant d'être greffé, soit au contraire il est greffé tout de suite, puis passe à la dialyse au bout de 15-20 ans lorsque le greffon ne fonctionne plus. Il y a toujours un va et vient entre les deux" indique le docteur Mariat.

La dialyse est une machine dont le rôle est de remplacer le travail du rein. Elle permet ainsi d'épurer une grande quantité de sang (en moyenne 70 L par séance d'hémodialyse) de ses déchets toxiques et de l'eau retenue en excès. Bien qu'indispensable, elle n'est pas sans contraintes : elle astreint à vie à des séances de dialyse, elle mobilise pendant plusieurs heures le malade, elle le fatigue énormément, elle provoque des effets secondaires (chutes de tension, malaises, crampes?). Bref, la dialyse, bien que vitale, dégrade fortement la qualité de vie des malades. Il existe deux techniques de dialyse :

» L'hémodialyse : méthode la plus ancienne, elle est choisie par plus de 80 % des patients. Techniquement, le malade est relié à une grosse machine appelée le dialyseur ou plus simplement un "rein artificiel". A l'intérieur, le sang est débarrassé de ses déchets et, une fois épuré, il est réintroduit dans le système circulatoire. Deux tuyaux, un pour le sang qui sort, un pour le sang qui rentre, relient le bras du malade à la machine. Généralement, pour faciliter le prélèvement du sang, l'aiguille est placée dans une fistule du bras, c'est-à-dire une zone où la pression du sang est plus forte et la veine plus large.

Les malades doivent se rendre trois fois par semaine à l'hôpital dans un service de dialyse (centre de dialyse, clinique, hôpital). La séance dure eviron 4 heures. Il est possible d'effectuer soi-même la dialyse ou de se faire aider par ses proches à domicile. "Cependant elle nécessite une infrastructure lourde et donc peu pratique. Les patients sont d'ailleurs rares à choisir cette option. Dans les centres de dialyse, ils sont complètement pris en charge par une équipe médicale, ce qui est généralement plus rassurant pour eux" ajoute le docteur Mariat.

» La dialyse péritonéale : au contraire de l'hémodialyse, elle se fait à domicile. Le principe est le même, il s'agit de filtrer le sang. Par contre, celui-ci est purifié à l'intérieur du corps et non dans une machine. Comment ça marche ? C'est le péritoine, la membrane qui tapisse notamment l'intérieur de l'abdomen, qui va servir de filtre. Un cathéter implanté en permanence au dessus du nombril permet de faire pénétrer un liquide de dialyse dans le ventre. Les déchets et l'eau passent ainsi du sang à ce liquide (le dialysat) au travers du péritoine.

Quotidiennement, le malade doit faire l'échange entre le dialysat contenant les déchets et un nouveau dialysat tout propre. Chaque échange dure environ 30 à 45 minutes. Bien que contraignante, cette seconde méthode évite d'avoir à se déplacer dans un centre de dialyse.

» La transplantation rénale : si l'attente d'une transplantation peut être longue, elle représente surtout l'espoir d'une vie moins contraignante. En 2006, 6152 malades étaient en attente de rein en France. Grâce aux campagnes d'information en faveur du don et de la greffe, l'Agence de Biomédecine se montre optimiste. En effet, le nombre de greffes a augmenté de 30% ces cinq dernières années.

Sommaire