Le guide santé de vos vacances Au-delà de 2 500 mètres, le mal des montagnes peut gâcher votre séjour

la paz, capitale de la bolivie, plus de 4000 m au-dessus du niveau de la mer.
La Paz, capitale de la Bolivie, plus de 4000 m au-dessus du niveau de la mer. Nombreux sont les voyageurs qui ne peuvent même pas porter leurs valises en arrivant à l'aéroport, pour cause de manque d'oxygène. © javarman - Fotolia.com

Voilà une autre maladie typiquement touristique, de plus en plus fréquente : le mal de montagnes. Non, rien à voir avec le vertige ou la phobie des grands espaces, ni même les risques de chute liés à la randonnée en montagne. Le mal aigu des montagnes (MAM) est une réaction du corps, en manque d'oxygène.

Revenons sur l'aspect biologique de la chose pour mieux comprendre. A chacune de nos inspirations, nous avalons une certaine quantité d'air, riche en oxygène. C'est cet oxygène qui permet à tout notre organisme de fonctionner. D'ailleurs vous le savez fort bien : si l'on en est privé trop longtemps, c'est l'asphyxie, qui entraîne la mort à courte échéance.

Or, plus on grimpe en altitude, plus la pression atmosphérique est basse et moins l'air est dense. Ainsi, au sommet de l'Everest, l'air est moitié moins dense qu'au niveau de la mer. A chaque inspiration en altitude, nous avalons donc un peu moins d'oxygène que ce à quoi nous sommes habitués.

Pour pallier cette raréfaction, l'organisme va réagir de plusieurs façons. Dans un premier temps, la respiration va s'accélérer, pour essayer de compenser le déficit en oxygène. De même pour les battements de cœur, le but étant d'apport un maximum d'oxygène dans tout l'organisme. Mais cela ne suffit pas sur le moyen terme et un autre système se met en place en quelques jours : notre corps produit davantage de globules rouges, pour accélérer et maximiser le transport de l'oxygène jusqu'aux tissus.

Complications rares mais graves

Sauf qu'avant que ce système soit opérationnel, il y a un temps d'adaptation, pendant lequel on peut ressentir divers symptômes désagréables : maux de têtes plus ou moins violents, voire nausées et vomissements, presque toujours essoufflement, sensation de vertige, fatigue, insomnie... On considère généralement que ce type de symptômes se manifeste à partir de 2 500/3 000 mètres d'altitude. Nous sommes très inégaux devant le mal des montagnes : certaines personnes ne le ressentiront pratiquement pas, d'autres seront très mal dès 2 000 mètres. Notre état physique n'entre pas en ligne de compte et personne ne peut savoir comment il va réagir avant d'être mis "en situation".

Si le mal des montagnes est léger et que l'on ne continue pas à grimper, les symptômes peuvent régresser d'eux-mêmes en quelques jours. Mais dans certains rares cas, ils peuvent au contraire se compliquer et provoquer un œdème cérébral ou pulmonaire, gravissimes.  Dans le premier cas, les maux de tête deviennent particulièrement violents et sont accompagnés de troubles psycho-moteurs : problèmes de coordination, mouvements incohérents, confusion...L'œdème pulmonaire provoque un essoufflement anormal à l'effort mais aussi au repos, une toux sèche, parfois accompagnée de crachats sanguinolents, voire une rétention urinaire. Ces deux phénomènes peuvent être mortels en quelques heures si non traités. 

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