Comprendre et respecter nos horloges internes Quelles sont les conséquences de dérèglements sur notre organisme ?

 

Les conséquences d'un dérèglement de nos horloges biologiques ou d'une utilisation "à contre-courant" de nos rythmes peuvent être plus ou moins graves. En voici quelques-unes parmi les plus connues.

 Le symptôme le plus fréquent est sans conteste la fatigue persistante. Elle se manifeste dans le cadre du décalage horaire mais aussi du dyschronisme. Les personnes qui en sont victimes ont beaucoup de mal à récupérer, puisqu'elles sont éveillées aux heures de récupération et inversement. Même si elles parviennent à dormir en journée, elles ne se réveillent pas aussi reposées.

 Les troubles du sommeil sont également très fréquents et n'arrangent évidemment pas les choses. "Ces personnes disent souvent avoir du mal à trouver le sommeil ou se réveillent plusieurs fois par nuit. Elles jugent également que leur sommeil n'est pas réparateur", décrit le Dr Reingber. Ces troubles accentuent la fatigue et incitent à une prise constante de somnifères. Ce n'est pourtant pas la solution car ils n'ont aucun effet sur la resynchronisation. Or elle est la seule à pouvoir faire rentrer les choses dans l'ordre.

 Autres conséquences possibles : les troubles de l'humeur sont très fréquents, d'autant que les rythmes de vie auxquels nous faisons référence privent souvent de vie sociale.

 Plus grave encore : le fait de travailler à des heures de moindre vigilance doit conduire à redoubler de prudence. En effet, les accidents sont plus fréquents la nuit, pour cause de moindre performance psychique et psychomotrice. Ceci dit, les personnes qui travaillent de nuit de façon régulière développent une vigilance accrue pendant ces périodes. Il n'est toutefois pas recommandé de ne pas s'atteler de nuit à des activités dangereuses.

 Pire : une récente étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer révèle que le travail posté (c'est-à-dire en horaires décalés) est cancérogène. La faute, encore une fois, à la perturbation du rythme circadien : elle entraîne des troubles du métabolisme (notamment une résistance à l'insuline), ainsi qu'une altération de la réponse immunitaire.

"On a beau le répéter, malheureusement, les entreprises et les institutions ne prennent pas en compte ce phénomène qui peut survenir chez certaines personnes, regrette le Dr Reinberg. C'est d'autant plus dommage que les conséquences peuvent être dramatiques et durables. Les effets du travail posté, la fatigue et le mauvais sommeil notamment, peuvent persister bien après que ce type de rythme de travail a cessé." L'idéal serait donc de pouvoir abandonner ces horaires très rapidement si l'on se rend compte qu'ils ne conviennent pas. Dans le contexte actuel de crise économique, c'est malheureusement difficilement réalisable.

 

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