Comprendre et respecter nos horloges internes Que sont les rythmes biologiques (et d'où viennent-ils)?

Il y a déjà bien longtemps que les scientifiques ont compris que notre organisme obéissait à différents cycles. Les études les plus récentes ont toutefois permis de préciser ces mécanismes et, surtout, de confirmer qu'ils sont bien innés et même partiellement héréditaires. "Mais la chronobiologie en tant que discipline n'a été reconnue que dans les années 1960, avant ça, on nous prenait vraiment pour des originaux", se souvient le Dr Alain Reinberg, l'un des précurseurs en termes dans la recherches des rythmes biologiques, aujourd'hui responsable de l'Unité de chronobiologie de la Fondation de Rothschild à Paris.


On distingue plusieurs types de rythmes biologiques selon leur durée.

 Le rythme circadien se déroule sur une période d'environ 24 h. C'est sans doute le plus fréquent dans l'organisme. Il est endogène, c'est-à-dire programmé dans le cerveau depuis notre conception, inclus dans la mécanique. Ce rythme est tout de même influencé par l'environnement.

Il régit par exemple l'état de vigilance : l'organisme est "réveillé" le jour et "endormi" la nuit. Pour ce faire, toute une machinerie, bien huilée, intervient : le matin, la lumière du jour fait cesser la production de mélatonine, également connue sous le nom d'hormone du sommeil. L'individu se réveille alors progressivement.

 On parle de rythme circannuel lorsque le cycle se réalise sur un an. La fréquence cardiaque, par exemple, peut varier en fonction des saisons, de même que la tendance à procréer.

Une multitude de petites horloges régissent ces multiples rythmes. Pour coordonner le tout, il faut donc un chef d'orchestre, rôle joué par les noyaux suprachiasmatiques de l'hypothalamus, une glande située dans le cerveau.

Tous ces rythmes sont innés, inscrits dans chaque individu. Les chercheurs ont même découvert les gènes qui régissent ces rythmes. "Mais l'environnement joue également un rôle primordial. C'est lui qui permet aux différents rythmes de bien se caler sur 24 h, notamment grâce aux variations de lumière et de température", précise Alain Reinberg.

 

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