Panaris : soigner avant qu'il ne s'aggrave

Cette infection du doigt ou de l'orteil se soigne sans douleurs si elle est détectée à temps. Mieux vaut ne pas tarder car si elle s'étend suffisamment pour former un abcès, il faudra faire appel à la chirurgie pour un traitement plus lourd.

Sur le côté, là où l'ongle et la peau se rejoignent, votre doigt est rouge, gonflé et un peu douloureux. C'est peut-être le début d'un panaris. Cette infection relativement fréquente survient après une petite blessure à un doigt ou, plus rarement, un orteil. Coupure, piqûre, écharde... La plaie peut être minime, voire passer inaperçue pour nous. Pas pour les bactéries, au premier rang desquelles les staphylocoques dorés et les streptocoques, qui vont se faire un plaisir de s'y engouffrer. La plupart du temps, l'organisme est capable de lutter et d'éviter qu'elles ne prolifèrent. Mais il suffit que le système immunitaire soit momentanément affaibli, si l'on est un peu fatigué, pour que ces bactéries puissent déjouer sa vigilance.

Le panaris peut être superficiel, quand il touche la pulpe du doigt, ou profond, s'il s'attaque aux tendons, voire à l'os et aux articulations. Ce deuxième cas de figure peut survenir de prime abord, lorsque la bactérie s'est trouvée injectée profondément, ou suite à un panaris superficiel non soigné.

Les soins à apporter dépendent du moment où l'on s'aperçoit de cette petite infection.

 Si la partie infectée est tout simplement rouge, gonflée, chaude et un peu douloureuse, un simple bain antiseptique peut suffire. Vous trouverez en pharmacie des produits adaptés. Ces bains sont à réaliser plusieurs fois par jour, pendant quelques jours, jusqu'à ce que les symptômes aient disparus. Demandez conseil à votre pharmacien.

 Si le panaris est plus "avancé", il se peut que du pus se soit formé. La zone touchée est alors plus gonflée, plus douloureuse, la peau est tendue et blanchâtre. Ce qui vaut d'ailleurs à cette infection le doux surnom de "mal blanc". Cette fois, le bain antiseptique risque de ne pas suffire et il va probablement falloir une intervention chirurgicale. Elle consiste à exciser la partie infectée : le chirurgien va retirer le pus et les parties nécrosées, ainsi que nettoyer la plaie, pour s'assurer que plus rien ne subsiste. Selon l'étendue des dégâts, l'anesthésie pourra être locale ou générale. Elle est parfois suivie d'une antibiothérapie. Le plus souvent, la guérison se fait alors en quelques jours et l'intervention ne laisse pas de cicatrices.

 Dans de très rares cas, si le panaris n'est pas soigné à temps, l'infection peut gagner du terrain : elle peut s'attaquer à l'os de la phalange concernée, provoquant une ostéite, à une articulation (arthrite) ou encore au tendon. Alors, pour éviter la gangrène, le chirurgien peut être contraint de pratiquer l'amputation d'un morceau de doigt. Mais ce cas de figure est très rare, puisqu'il suffit normalement de réagir à temps pour l'éviter.


Les précautions à prendre

Pendant toute la durée du traitement, quel qu'il soit, prenez quelques précautions pour éviter de contaminer d'autres régions de votre organisme ou même d'autre personnes. Il est notamment déconseillé de cuisiner, le risque que les bactéries se transmettent à la nourriture étant trop élevé.

Vous ne voulez pas subir un nouveau panaris ? Vous pouvez limiter les risques en changeant quelque peu vos habitudes

 Arrêtez de vous ronger les ongles s'il s'agit là d'une de vos manies.

 Ne repoussez pas trop les cuticules sur vos ongles lorsque vous vous manucurez.

 Portez des gants de travail lorsque vous jardinez ou que vous pratiquez une activité où vous risquez de vous blesser.

 Si toutefois vous vous blessez, lavez abondamment la plaie dès que possible et désinfectez.

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