7 conseils santé contre le froid

Les températures sont largement négatives en France cette semaine. Comment s'habiller ? Quels sont les signes d'une hypothermie ? Comment éviter les gerçures ? Quels conseils pour les asthmatiques ? Réponses.

7 conseils santé contre le froid
©  Antonio Guillem - 123 RF

En cas d'épisode de grand froid, il est indispensable de redoubler de vigilance en se protégeant personnellement et en veillant sur les personnes fragiles (personnes âgées, enfants, personnes précaires ou sans domicile).

Conseil n°1 : le bonnet, indispensable

Si l'idéal est de rester au chaud chez soi, il n'empêche qu'on n'a pas toujours le choix. Aussi, si vous sortez par temps froid, il est indispensable de vous couvrir suffisamment afin de maintenir constante la température de votre corps. Le plus important est de ne pas oublier de porter un bonnet. Votre objectif : couvrir particulièrement les parties du corps qui perdent de la chaleur (jusqu'à 30% de déperdition de chaleur pour la tête). Un bonnet est donc indispensable, et une écharpe pour le cou (qui pourra aussi couvrir le nez et la bouche pour éviter de respirer l'air froid), des gants pour les mains et des chaussettes chaudes pour les pieds. Pensez aussi aux chaussures : optez pour des modèles antidérapantes et confortables pour éviter les chutes sur un sol glissant.

Autre conseil, il faut mettre plusieurs couches de vêtements, plus un coupe-vent imperméable. Pour la première couche, préférez une matière dans laquelle vous ne risquez pas de transpirer afin de maintenir la peau bien sèche. En effet, si vous transpirez, votre corps sera mouillé et donc, vous risquez de vous refroidir plus vite.

Conseil n°2 : ne pas surchauffer à la maison

Avec l'hiver, les rhumes, grippes et autres infections hivernales sont au rendez-vous. Et l'un des gestes d'hygiène de base pour éviter de contaminer vos proches ou d'être vous-même contaminé, c'est d'aérer chaque jour votre intérieur. Même si dehors, les températures  sont négatives, dites-vous que faire entrer de l'air froid pendant 20 minutes chaque matin, est le meilleur moyen pour tuer les virus et bactéries qui polluent votre intérieur. 

Trop de chauffage = sommeil agité. Pendant la journée et surtout la nuit, ne surchauffez pas (maintenez la température à un minimum de 19°C). Même si vous êtes frileuse, mieux vaut ajouter des couettes et couvertures sur votre lit que de monter les radiateurs. La chaleur a en effet tendance à ralentir la circulation sanguine, ce qui aura des répercussions sur votre organisme. Vous risquez notamment de moins bien dormir. 

Enfin, question pratique, avez-vous pensé à faire inspecter votre chaudière par un professionnel ? Ne prenez pas de risque, un mauvais état de votre installation peut entraîner une mauvaise combustion, responsable d'intoxication au monoxyde de carbone. Et c'est quand même la première cause de mortalité par intoxication en France. Pour rappel, le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant indétectable : il est invisible, inodore et non irritant. Tous les appareils fonctionnant au gaz, au bois, au charbon, à l'essence, au fuel ou encore à l'éthanol sont susceptibles, en cas de dysfonctionnements, de dégager du monoxyde de carbone. Encore une fois, l'aération quotidienne est indispensable pour renouveler l'air de votre maison ou appartement (20 minutes par jour minimum).  

Conseil n°3 : protéger les extrémités

C'est souvent par les extrémités que l'on ressent la vigueur du froid. Parce qu'elles sont les parties les plus exposées (lèvres, doigts), elles sont particulièrement sensibles. Elles présentent de plus une grande surface d'échange avec l'extérieur (nez) et sont mal vascularisées (oreilles). Aussi, pour protéger du froid ses mains et ses lèvres, il est indispensable de bien les hydrater au quotidien.

Premier risque, les gerçures sont des fissures douloureuses qui se forment sur les zones longuement exposées à un froid vif (moins de 0°C). Celui-ci a pour effet de déshydrater la peau. Dépourvue d'eau, elle s'assèche et tiraille. Des sillons se creusent et les gerçures, voire les crevasses (plus profondes) apparaissent. 

Que faire en cas de crevasses des mains ? En prévention, utilisez un savon surgras pour vous laver les mains et évitez les savons antiseptiques trop détergents. Appliquez régulièrement pendant la journée une crème protectrice pour les mains, adaptée aux mains crevasses. Ne sortez jamais dans le froid sans mettre de gants. Enfin, utilisez des gants pour les travaux ménagers et pour faire la vaisselle. Pour soigner une crevasse installée, il faudra appliquer une crème riche en vitamine A, B5 et E : demandez conseil en pharmacie ou à votre médecin. 

L'exposition des extrémités à des températures négatives entraîne une vasoconstriction des capillaires. Ce phénomène naturel de lutte contre le froid peut entraîner à terme l'apparition de lésions rouges au niveau des mains, des pieds, des oreilles ou du visage, que l'on appelle engelures. Souvent, elles sont accompagnées de démangeaisons. Dans ce cas, le premier réflexe est de réchauffer en douceur la partie du corps affectée. Comment ? Entourez-la d'un linge chaud et humide pendant une dizaine de minutes et dans tous les cas, évitez les grands écarts de températures, la peau étant déjà traumatisée. En prévention, protégez-vous du "cocktail froid et humidité". Choisissez des gants adaptés et optez pour des chaussettes qui maintiennent bien la chaleur, si besoin en double-épaisseur (coton et laine). Enfin, la mauvaise circulation étant l'alliée de l'engelure, ne sortez pas avec des chaussettes ou chaussures trop serrées qui comprimeraient les pieds et les rendraient plus vulnérables au froid. 

Attention, quand les doigts deviennent blancs, engourdis, ces signes doivent vous alerter. Il est grand temps de rentrer dans un environnement chaud ! Le premier geste à faire : réchauffer la partie gelée en l'immergeant dans de l'eau tiède (38°C). Si c'est douloureux, c'est bon signe. Cette sensibilité retrouvée est le témoin d'une lésion superficielle. Mais si l'anesthésie perdure et que des cloques apparaissent, une consultation chez le médecin est nécessaire. 

Conseil n°5 : prendre soin des plus fragiles

Contre le froid, le corps multiplie les mécanismes de défense pour produire de la chaleur et maintenir la température du corps à 37°C. Mais il suffit d'un épuisement ou d'un traumatisme, pour que ces mécanismes deviennent moins performants. Dès lors, le corps perd plus de chaleur qu'il n'en produit. Du coup, il se refroidit, c'est l'hypothermie. Celle-ci se définit par une baisse de la température centrale du corps au-dessous de 35°C. Bien que ce soit un phénomène rare, l'hypothermie est un trouble sournois qui s'installe rapidement sans que l'on s'en rende compte et qui peut être fatal. La vigilance est donc de mise. L'hypothermie n'apparaît que lors d'une immobilisation prolongée dans le froid. Les randonneurs blessés et les sans-abri sont particulièrement exposés. Mais, les personnes âgées ou malades, les enfants, les femmes enceintes et toute personne prenant des psychotropes (alcool, somnifères...) sont également concernées. A savoir : l'hypothermie constitue un danger immédiat lorsque la température de la maison n'excède pas les 15°C. Lire aussi les conseils du ministère de la Santé vis-à-vis des personnes fragiles par temps froid.

Reconnaître les signes de l'hypothermie

  •  Légère (35 à 32°C) : la personne a froid, elle frissonne et a la chair de poule. Elle se sent engourdie. Sa respiration et son pouls s'accélèrent.
  •  Modérée (32 à 28°C) : la peau devient pâle et froide. Les lèvres et les extrémités bleuissent. Les membres ont perdu de leur souplesse. La victime commence à avoir des troubles du comportement ou des propos inappropriés. L'élocution peut être difficile. Elle ne frissonne plus.
  •  Sévère (28 à 25°C) : la respiration et le rythme cardiaque sont pratiquement indétectables. La mort par arrêt cardiaque peut survenir à tout moment. 

Conduite à tenir face à la victime

  •  Protégez-la (notamment la tête) du froid et des courants d'air. Isolez le corps du sol froid par une couverture.
  •  Appelez les secours.
  •  Evitez tout réchauffement brutal (massages, frictions, bain chaud...). Il doit être progressif (mettre la victime dans une pièce chaude, vêtements secs...).
  •  Encouragez-la à se mouvoir pour générer de la chaleur musculaire tout en limitant ses déplacements.

Conseil n°6 : pas d'exercice physique

Le froid demande des efforts supplémentaires à notre corps et notamment à notre cœur qui bat plus vite pour éviter le refroidissement. Ainsi en période de grand froid, mieux vaut limiter les efforts physiques car cela pourrait aggraver d'éventuels problèmes cardiovasculaires. La diminution de la température ambiante augmente notamment le risque d'infarctus du myocarde. Selon une étude britannique publiée dans le British Medical Journal et menée dans 15 villes d'Angleterre et du Pays de Galles entre 2003 et 2006, chaque degré de baisse de la température ambiante est associé à une augmentation du risque d'infarctus du myocarde à court terme (de 2% au cours des 28 jours suivants). Les personnes les plus âgées et celles déjà atteintes de maladie coronarienne étant les plus vulnérables à ces baisses de température.

A noter que si votre enfant est asthmatique, évitez les exercices sportifs à l'extérieur, "particulièrement en cas d'asthme instable, d'asthme d'effort ou déclenché par le froid". Pour éviter les crises et limiter les risques, veillez à ce que votre enfant ait toujours son traitement sur lui. 

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