Comment apprivoiser une douleur chronique

Comment agir sur sa douleur au quotidien ? Quel est l'impact de la psychologie sur la guérison ? Pourquoi l'accompagnement est-il indispensable lorsque l'on souffre ? Les conseils de Catherine Guillemont, psychologue clinicienne.

Comment apprivoiser une douleur chronique
© Shutterstock - L-Julia

La douleur est omniprésente et impacte le plus grand nombre. Qu'elle soit chronique ou aiguë, elle a des conséquences autant pour la personne souffrante que pour son entourage, avec comme répercussions directes une dégradation de la qualité du sommeil, un repli sur soi, une baisse de l'énergie, ou encore un état de tristesse, voire un état dépressif.

Les douleurs chroniques (céphalées, lombalgies, fibromyalgies, douleurs gynécologiques, abdominales…) peuvent avoir tendance à s'installer sur la durée et impacter la vie quotidienne sur tous les plans : professionnel, affectif, social ou encore familial.

Une hygiène de vie saine

Mais des solutions existent pour influer sur sa douleur, comme l'explique Catherine Guillemont, psychologue clinicienne et co-auteure de "Ma douleur, comment l'apprivoiser ?⃰ " : "Tout d'abord, il est primordial d'adopter une hygiène de vie saine, avec une alimentation équilibrée et un sommeil réparateur, même s'il est parfois difficile pour les personnes qui souffrent de douleurs chroniques de préserver leur temps de sommeil. Si besoin, elles peuvent utiliser par exemple la relaxation pour se rendormir".

Des exercices physiques adaptés et des activités agréables

Des exercices physiques adaptés peuvent aussi permettre d'apprivoiser la douleur. Après avoir exercé en tant que psychologue clinicienne durant 20 ans au Centre Anti Douleurs de l'hôpital Bichat à Paris, Catherine Guillemont conseille "la pratique d'une activité physique", mais précise-t-elle, il faut rester vigilant en étant attentif à doser les efforts et à reprendre le sport de façon progressive." Par exemple, la natation est souvent recommandée, de par ses effets relaxants. Dans le même temps, il faut à tout prix éviter le repli sur soi et adopter des comportements actifs. "La douleur a tendance à isoler les personnes donc je les incite à ponctuer chaque jour par des activités agréables, cela peut être par exemple l'écoute de la musique ou l'observation de paysages. L'objectif est de retrouver du plaisir dans le quotidien et pourquoi pas se faire aider par un thérapeute".

Le pouvoir des croyances

Penser qu'il est possible de diminuer sa douleur, voire de la faire disparaître peut en partie être une solution face à la souffrance quotidienne. Les techniques corporelles comme la relaxation, la sophrologie, l'hypnose, la méditation facilitent la détente et ont des effets positifs. Les croyances sont très importantes et vont jouer un rôle primordial, comme le précise Catherine Guillemont : "Les croyances positives ; possibilité de contrôle et sollicitude de la part de l'entourage vont influer sur la perception et la guérison de la douleur, même s'il est vrai que sa durée représente un élément important. Avec la pérennisation de la douleur, il sera plus difficile d'agir sur elle. Je conseille dès lors de travailler sur ses pensées, d'essayer au maximum de ne pas anticiper le retour de la douleur, de s'efforcer de reformuler "ses ruminations" ; car au final la pensée induit l'état émotionnel".

Ne pas rester seul face à la douleur

Le fait d'avoir un diagnostic, de pouvoir mettre des mots sur sa souffrance est la première étape. Elle permet de comprendre la douleur, pour ensuite la traiter à l'aide des techniques qui existent actuellement : traitements médicamenteux, gestes thérapeutiques médicaux et/ou techniques corporelles (globales), telles que la relaxation, l'hypnose, la méditation, méthodes thérapeutiques. "Il faut garder de l'espoir car des solutions existent. Il ne faut pas hésiter (un seul instant) à consulter son médecin ou un thérapeute, à parler de sa douleur car la guérison passe avant tout par l'accompagnement et non la solitude" souligne Catherine Guillemont. La France compte à ce titre de nombreux Centres Anti-Douleurs sur son territoire ; l'admission y est possible lorsque l'on souffre d'une douleur d'une durée supérieure à trois mois et sur courrier de son médecin généraliste ou d'un spécialiste (rhumatologue, neurologue, …).

⃰ Guillemont, C et Nollet-Clémençon, C (4 octobre 2012) Ma douleur, comme l'apprivoiser? Paris, Editions Odile Jacob.

Danielle Rapoport, socio-psychologue, nous donne de plus amples informations sur le sujet :

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