Les hommes et les femmes face à la douleur

Localisation des douleurs, degré de souffrance, verbalisation... Hommes et femmes réagissent différemment à la douleur, souligne une étude récente.Témoignages.

Les hommes et les femmes face à la douleur
© Shutterstock - lenetstan

Décrire précisément sa douleur à un professionnel de santé est toujours une étape délicate. Selon une étude GPI by GSK, menée auprès de 19 000 personnes dans 32 pays, 34% des femmes ressentent au moins une douleur dans le dos chaque semaine, contre 27% pour les hommes. Les femmes ressentent également davantage la douleur au niveau des lombaires et de la nuque. Ces points de tension musculaire peuvent s'expliquer entre autres par une musculature plus faible, un haut niveau de stress à gérer au quotidien, entre la vie professionnelle et la vie familiale, mais aussi par l'influence des hormones féminines sur le seuil de la sensibilité à la douleur. "Lorsque mon corps me fait mal, j'ai tendance à attendre que la douleur passe. A l'âge que j'ai, je connais mes points faibles et je sais quels médicaments vont agir sur moi. Entre mon travail, les activités extra scolaires de mes enfants et la maison à entretenir, je n'ai pas trop le temps d'écouter mon corps", explique Dominique, fonctionnaire de 49 ans et mère de 3 enfants.

Hommes et femmes réagissent différemment face à la douleur. Selon cette même étude, 54% des hommes décident de ne pas en parler. C'est notamment le cas de Yann, 52 ans, ingénieur et père de 2 enfants : "Je ne veux pas que ma douleur influe sur ma vie de famille et que mon entourage me voit diminué. Je ne vois déjà pas beaucoup ma femme, donc je préfère lui raconter ma journée et jouer avec mes enfants que de me plaindre ou de prendre le temps de consulter. Ma famille a récemment découvert ma douleur à la hanche car je boitais. L'opération n'est pas encore possible car je suis trop jeune, donc je gère seul. Je les ai rassurés, tout va bien !"

Population la plus vulnérable, les personnes âgées sont pourtant celles qui décident majoritairement de ne pas parler de leur douleur. Maryvonne, retraitée de 71 ans en fait partie : "Je souffre d'arthrose cervicale et de céphalées. Ce sont des douleurs familières que je soigne sans médicaments. Je porte une minerve pour mon arthrose et si mes maux de tête ne passent pas, je vérifie ma tension. Cependant, je vais parfois découvrir des douleurs nouvelles, comme une crampe dans le dos ou une inflammation dans le ventre. Face à cette nouveauté, j'ai tendance à paniquer un peu et rapidement consulter mon médecin. En revanche, je n'en parle ni à mes enfants, ni  à mes petits-enfants pour ne pas les inquiéter. Je ne veux pas être cette grand-mère invivable qui se plaint en permanence".

Danielle Rapoport, socio-psychologue, nous donne de plus amples informations sur le sujet :

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