Mal de dos : pourquoi il ne faut pas banaliser

Une campagne sensibilise aux conséquences que peut avoir un retard de diagnostic. Mais aussi à une idée reçue qui a la vie dure : l'activité physique n'augmente pas les douleurs !

Mal de dos : pourquoi il ne faut pas banaliser
© Martin Allinger - 123 RF

Le mal de dos ne touche pas que les seniors et il n'est pas "normal" de laisser traîner des douleurs lombaires pendant plusieurs mois. C'est pour faire passer ces messages simples qu'une campagne d'information revient chaque année depuis 4 ans. Intitulée Ne lui tournez pas le dos, elle propose des rendez-vous vidéo mensuels et des questions/réponses ludiques pour informer et dédramatiser.

Le problème, c'est que le mal de dos est trop souvent banalisé. De sorte, que lorsqu'il dure plus de 3 mois, il retentit fortement sur le quotidien des personnes qui en souffrent. En effet, la douleur physique peut compliquer des gestes anodins, comme rester debout trop longtemps ou porter des objets un peu lourds. Ce mal de dos dit "chronique" touche 1 personne sur 5.

Lorsque la douleur dure plus de 3 mois, on parle de mal de dos chronique. Lorsqu'elle dure quelques jours ou quelques semaines, on parle de lombalgie aiguë (lumbago).

Mal de dos mécanique ou inflammatoire ? Pour prendre en charge correctement un mal de dos, la première étape consiste à identifier ses causes. Il faut savoir en effet que si le mal de dos est dans la plupart du temps mécanique, il peut être aussi d'origine inflammatoire, c'est-à-dire lié à des maladies auto-immunes, comme les spondylarthrites. "Tout le monde a mal au dos, commente le Professeur Jean Siblia, Chef du Service de Rhumatologie du CHU de Strasbourg, pour qui l'enjeu est avant toute chose de déterminer de quel type de mal de dos l'on souffre et à partir de quel moment on est dans le domaine de la pathologie : s'agit-il de douleurs lombaires (situées au bas du dos), de douleurs dorsales (situées au milieu du dos) ou de douleurs cervicales (situées en haut du dos) ? Selon la localisation, un mal de dos n'a rien à voir avec un autre."

Les premiers symptômes du mal de dos inflammatoire apparaissent généralement chez les adolescents et les jeunes adultes avant 40 ans, contrairement au mal de dos mécanique qui peut survenir à tout âge. Le problème, c'est que lorsqu'on est jeune, on se préoccupe peu de sa santé, et on pense souvent, à tort, que le mal de dos va disparaître aussi vite qu'il est apparu. Sauf, que c'est le contraire qui arrive : le mal de dos prend le dessus et finit par impacter la vie personnelle et professionnelle. 

Le mal de dos mécanique est le plus fréquent. Il est souvent causé par le port de charges lourdes, certains efforts physiques intenses ou par des traumatismes sportifs ou autres (accident de voiture). Ces facteurs peuvent endommager les vertèbres, disques, capsules, ligaments ou muscles de la colonne vertébrale. Les principaux types de maux de dos mécaniques sont le lumbago, la hernie discale ou encore les tassements vertébraux. Ils peuvent aussi être la conséquence d'une malformation congénitale de la colonne vertébrale. 

Retenez encore que la douleur mécanique s'active quand on bouge et s'apaise lorsqu'on est au repos. Inversement, une douleur inflammatoire s'exprime spontanément, c'est celle qui vous réveille au beau milieu de la nuit. "Les personnes qui en souffrent sont souvent réveillées par de fortes douleurs vers 5 ou 6 heures du matin, explique au Journal des Femmes le Docteur GoupilleEt pour les soulager, elles ont besoin de se mettre en mouvement. Après ce déverrouillage matinal, elles vont généralement beaucoup mieux." Face à de tels symptômes, persistant plus de trois mois, il ne faut pas hésiter à s'informer, donc, à en parler à son médecin traitant.

Ne pas arrêter l'activité physique ! En cas de mal de dos, le premier réflexe est bien souvent de s'immobiliser pour ne pas aggraver les douleurs. Pourtant, dans certains cas, la mobilisation et le renforcement musculaire, sur les recommandations ciblées du professionnel de santé, permettent de diminuer la douleur, voire de la faire disparaître. Aussi, la pratique d'une activité physique adaptée et régulière peut faciliter la récupération. En somme, il s'agit de maintenir autant que possible les activités quotidiennes, comme s'habiller, monter des escaliers, etc., afin d'éviter de raidir le dos. De plus, en accord avec le médecin, des exercices physiques (étirement, relaxation, activité physique d'endurance telles que la marche à pied, le vélo ou la natation…) peuvent être recommandés en cas de mal de dos chronique, intermittent ou récidivant.

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