Maladies de la thyroïde : symptômes et traitements Idées reçues sur la thyroïde

l'obésité n'a que très rarement une cause thyroïdale.
L'obésité n'a que très rarement une cause thyroïdale. © Piotr Przeszlo - Fotolia.com

La thyroïde est à la mode. Les médecins prescrivent de plus en plus de bilans thyroïdiens, les patients s'affolent et rendent cette petite glande du cou responsable de tous leurs maux. Tordons le cou, justement, à quelques idées reçues.

 Non, il n'y a sans doute pas plus de problèmes de thyroïde aujourd'hui qu'hier. Ils sont surtout beaucoup mieux dépistés, beaucoup plus tôt, souvent même avant que des symptômes n'apparaissent. Les outils de diagnostic (échographie, etc.) sont de plus en plus précis et permettent donc un excellent dépistage. "C'est plutôt une bonne chose finalement, que les médecins traitants prescrivent beaucoup de bilans thyroïdiens, estime François-Xavier Sallée. C'est toujours plus efficace de traiter une forme modérée de dérèglement." Dans certaines situations, un simple suivi sera préconisé. 
 L'accident nucléaire de Tchernobyl n'a pas fait augmenter le nombre de cancers ou de problèmes de la thyroïde en France. Même si beaucoup de victimes semblent voir un lien de cause à effet entre leur maladie et le passage de nuages radioactifs au-dessus de la France, les chiffres ne leur donnent pas raison. "On enregistre depuis des années une progression du nombre de cancers de la thyroïde (découverts, NDLR), explique le Dr Sallée. Cette progression est constante, nous n'avons noté aucune cassure dans la courbe après Tchernobyl, rien de particulier. Evidemment, c'est tout différent pour les personnes en Ukraine, notamment pour les enfants qui sont particulièrement sensibles à l'iode."

 Toute prise de poids n'est pas due à une maladie thyroïdienne et toute maladie thyroïdienne ne provoque pas une prise de poids, loin de là. "Beaucoup de patients qui arrivent dans mon cabinet sont persuadés qu'il y a un lien entre leur surpoids et un problème endocrinien. En réalité, c'est TRES rare, souligne François-Xavier Sallée. Certes, il y a longtemps, les gens pouvaient prendre du poids lorsque l'hypothyroïdie devenait très grave et n'était pas soignée. Dans ces cas-là, cela peut provoquer un œdème de tout le corps. Mais aujourd'hui, les dérèglements sont souvent mineurs au moment où l'on s'en aperçoit."
 Il n'est pas toujours difficile de trouver le bon dosage, contrairement à ce que l'on entend souvent. "On fixe un premier dosage en fonction du poids de la personne et d'autres critères, explique le Dr Sallée. Ensuite, si cela ne convient pas, on ajuste. La plupart du temps, c'est assez facile, mais il faut s'adresser à un spécialiste, qui a plus l'habitude."

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