Vaccin contre la gastro pour les nourrissons : recommandé, mais...

Le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) préconise de vacciner les nourrissons contre les gastro-entérites. Il faudra tout de même continuer à surveiller les cas d'invaginations intestinales qui peuvent survenir après la vaccination.

Vaccin contre la gastro pour les nourrissons : recommandé, mais...
© Dmitry Naumov - Fotolia.com

Bientôt un vaccin pour éviter la gastro ? Les gastro-entérites à rotavirus, responsables de la plupart des diarrhées sévères des jeunes enfants causent chaque année en France environ 14 000 hospitalisations chez les moins de 3 ans et un nombre de décès estimé entre 7 et 17 par an. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), organe indépendant qui conseille le ministère de la Santé, vient de publier de nouvelles recommandations. Il conseille de vacciner tous les nourrissons de moins de 6 mois. Dans les pays industrialisés qui recommandent déjà cette vaccination, le taux d'hospitalisation a été réduit de plus de 80 % argue le HCSP. 

Encore quelques réserves. Le HCSP revient par ailleurs sur ses précédents avis négatifs de 2006 et 2010, dans lesquels il avait notamment mentionné le risque de survenue d'invaginations intestinales aiguës post-vaccination. L'invagination intestinale qui se manifeste par des douleurs, des vomissements, voire de graves inflammations de l'abdomen est l'une des causes les plus fréquentes d'occlusion intestinale. Le HSCP justifie ce revirement par une "évaluation désormais précise du risque d'invagination intestinale pour les deux vaccins existants." Tout en recommandant néanmoins de continuer à surveiller les notifications de cas à la pharmacovigilance. Il préconise également qu'une information sur le risque d'invagination intestinale soit systématiquement délivrée par les professionnels de santé aux parents des enfants vaccinés.
Autre condition, baisser le prix des vaccins. Deux vaccins existent actuellement : le RotaTeq de Merck, commercialisé en France par Sanofi Pasteur MSD et le Rotarix de GlaxoSmithKline (GSK). Non remboursés par la Sécurité sociale, leurs prix s'élèvent respectivement à 180 et 230 euros. Le HCSP conditionne sa recommandation à une baisse des prix. Ce sera à la ministre de la Santé de trancher à son tour et décider si elle inscrit ou non ces vaccins au calendrier vaccinal. Le Comité de transparence de la Haute autorité de santé (HAS) devra pour sa part déterminer le taux de remboursement.

Rappelons que le risque principal de la gastro, la déshydratation, peut être évité par des gestes préventifs : peser l'enfant régulièrement, donner à boire des solutions de réhydratation orale le plus souvent possible par petites quantités et consulter d'urgence un médecin si des signes cliniques de déshydratation apparaissent (yeux cernés, fontanelle déprimée, perte de poids...).

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