Le sport : un nouveau médicament ? BPCO : "L'activité physique régulière permet de freiner l'évolution de la maladie"

En France, trois millions de personnes sont atteintes par la broncho-pneumopathie
chronique obstructive (BPCO). Cette pathologie, qui touche principalement les fumeurs, est caractérisée par une diminution progressive et irréversible de la fonction respiratoire. L'activité physique est indispensable dans la prise en charge et en prévention de cette pathologie, puisque les études ont montré que 3 séances d'entraînement de 30 minutes par semaine permettent des effets bénéfiques importants, notamment en qualité de vie.

les résultats de l'enquête : la bpco.
Les résultats de l'enquête : la BPCO. © Journal des Femmes / Magali Talneau


 

 

 

 

 

Que pensez-vous de ces résultats ?

Dr Pascale Surpas, spécialiste de la réhabilitation respiratoire et présidente du groupe de travail Alvéole : L'arrêt du tabac est le seul élément qui prévienne l'apparition d'une BPCO et qui permette d'en stopper l'évolution. Je suis étonnée que 44 % des gens sachent qu'il est conseillé de faire du sport quand on a une BPCO car c'est juste ! Mais cela signifie aussi que 56 % ne le savent pas. Il a été montré que la durée de vie des personnes ayant une BPCO était proportionnelle à leur quantité d'activité physique quotidienne. Ces résultats sont, dans l'ensemble, très rassurants. Ca prouve que les messages sont bien passés auprès de la population, des médecins et des pneumologues.

Pour le moment, aucun médicament n'a eu d'effet sur la survie. Ils améliorent le confort des malades et c'est important aussi bien sûr. D'ailleurs, les patients savent que, pour être en bonne santé, il faut être actif : 30 minutes par jour d'activité en endurance. Leur problème est que la maladie diminue l'envie d'être actif et la capacité à l'être. La difficulté est là : trouver les activités qui leur feront plaisir et qu'ils pourront faire pendant longtemps.

La BPCO contre-indique-t-elle la pratique de l'activité physique ?

P. S. : Absolument pas. La pratique d'une activité physique en toute sécurité nécessite d'en avoir parlé à son médecin traitant. Il faut écouter son corps et ne pas dépasser ses limites mais il faut faire tout ce dont on se sent capable. Moins on en fait, plus c'est difficile d'en faire, moins on a envie d'en faire et plus on a peur d'en faire. C'est contre ce cercle vicieux qu'il faut lutter par une activité physique régulière. C'est, avec le sevrage du tabac, le meilleur moyen d'éviter que la maladie ne s'aggrave. Ce qui étonne souvent les patients, c'est que le sport peut être la marche ou le vélo d'appartement mais aussi la marche nordique, le tir à l'arc, le taïchi... L'essentiel est que ce soit une activité où ils prennent du plaisir pour arriver à garder la motivation de la pratiquer. Si possible en groupe car l'isolement social est le deuxième problème de cette maladie.

Quel que soit le stade de la BPCO, l'activité physique régulière permet d'améliorer la vie des patients et de freiner l'évolution de la maladie. A noter aussi : l'âge n'est absolument pas une contre-indication à la pratique d'une activité physique, au contraire !

Lorsqu'on parle de 30 minutes d'activité physique par jour, il s'agit de la marche, des escaliers, etc. Tous ces exercices d'endurance qui permettent de se maintenir en forme. L'important est avant tout de faire une activité qui plaise, sinon elle est rapidement abandonnée.

Et en prévention de la BPCO ?

P. S. : Les études ont montré que l'activité physique régulière a une action préventive notamment chez les fumeurs qui sont également très sportifs. Mais attention, il ne s'agit pas de dire qu'on peut fumer si on fait du sport. Quoi qu'il en soit, il vaut mieux ne pas fumer, c'est beaucoup plus efficace !

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