Sida : vivre mieux et plus longtemps Pas de vaccin, la vigilance toujour de mise !

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Plusieurs équipes de scientifiques ont beau y travailler d'arrache pied, le vaccin contre le sida ne verra pas le jour avant une bonne dizaine d'années. © imageit - Fotolia.com

Non, il n'existe toujours pas de vaccin contre le VIH.

Plusieurs groupes de scientifiques y travaillent de par le monde "mais les recherches ne sont pas prêt d'aboutir. Il faut compter encore de nombreuses années", insiste Marina Karmochkine.
D'ailleurs, en septembre 2007, les recherches du laboratoire Merck ont été interrompues brutalement. On soupçonne le candidat vaccin d'avoir pu augmenter le risque d'infection chez les patients qui avaient reçu des injections. Sur 3 000 volontaires, 83 ont contracté le VIH : 49 avaient reçu le candidat vaccin et 34 une injection placebo. Ces chiffres sont suffisants pour susciter l'arrêt des recherches mais pas assez pour être significatifs sur le plan statistique.

Soirées No Kpote

Et pourtant, depuis l'arrivée des trithérapies, une fausse impression de sécurité s'est installée, qui conduit à une explosion des comportements à risque et donc, fatalement, à une poursuite des contaminations. Dans les années 1990, pourtant, les comportements de prévention étaient totalement entrés dans les mœurs. Les jeunes qui commençaient leur vie sexuelle n'imaginaient pas de le faire sans la fameuse "capote". "Aujourd'hui, on assiste à un véritable relâchement de la prévention, regrette Marina Karmochkine. Je pense que les gens ont l'impression que le sida, ça se soigne, qu'on n'en meurt quasiment plus et que, donc, ce n'est pas grave. Ils ont tout faux."
D'autres vont même plus loin, adoptant volontairement un comportement à risque, sorte de défiance envers la maladie. "J'aime prendre des risques et le sexe non-protégé en fait partie, témoigne un malade dans le livre de Marina Karmochkine "Saurai-je parler du sida". Le sida a trop longtemps contraint ma sexualité. Ras-le-bol des discours culpabilisants sur ma sexualité..." "On voit également apparaître chez les hétéros des soirées No Kpote", poursuit Marina Karmochkine, qui s'alarme de cette légèreté dans le rapport à la maladie.
Emmanuel de Castro, qui a contracté le sida en 1984 alors qu'on savait à peine de quoi il s'agissait, ne comprend pas cette légèreté dans le comportement. "A mon époque, il n'y avait aucune campagne de prévention, on n'était même pas sûr de la façon dont ça s'attrapait. Mais aujourd'hui, je suis tenté de dire qu'il faut quasiment le faire exprès pour contracter le VIH! On sait comment il se transmet et on a les moyens de lutter. Vraiment, je ne comprends absolument pas les personnes qui semblent se mettre volontairement en danger. Le sida, ce n'est pas anodin, on en meurt encore aujourd'hui! Et même quand on y survit, les conséquences au quotidien sont considérables."

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