Sida : vivre mieux et plus longtemps Faire un bébé avec le VIH, c'est possible ?

de multiples méthodes existent pour faire un enfant séronégatif, même lorsque
De multiples méthodes existent pour faire un enfant séronégatif, même lorsque les deux parents ont le VIH. © Yuri Arcurs - Fotolia.com

Grâce aux nouveaux traitements, les personnes séropositives peuvent mener une vie normale, malgré la difficulté d'une prise quotidienne de médicaments.

Travail, loisirs, vie de famille... Tôt ou tard, le désir d'enfant peut apparaître. Ce n'est plus un rêve inaccessible. Mieux : faire des enfants donne une raison supplémentaire, et quelle raison, de se battre et d'accepter son traitement.
Avant la trithérapie, une femme enceinte séropositive avait une probabilité sur quatre de transmettre le virus à son bébé. Avec un risque particulièrement élevé à la fin de la grossesse et lors de l'accouchement. "Aujourd'hui, avec un traitement antirétroviral efficace et pris régulièrement, le risque de transmission tombe à 1 %", commente Marina Karmochkine. Soulignons tout de même que l'on ne dispose pas encore de suffisamment de données et d'études poussées pour déterminer avec précision les effets secondaires potentiels de la trithérapie de la mère sur l'enfant à naître.
Quant au père, même s'il est séropositif, il ne pourra pas transmettre le virus à partir du moment où la maman n'est pas contaminée.  

En revanche, l'allaitement est totalement proscrit, le risque de transmission étant beaucoup trop élevé. Bébé devra donc être nourri au biberon avec du lait maternisé.
Reste le "souci" de la procréation. Au-delà du risque de transmettre le virus à l'enfant, aujourd'hui quasiment maîtrisé, il y a celui de contaminer le partenaire séronégatif si l'on opte pour un rapport non protégé. Des solutions alternatives existent, qui ne passent pas forcément par l'éprouvette.

 Si la future maman est séropositive tandis que le futur papa est séronégatif : en période d'ovulation, vous pouvez avoir un rapport protégé avec un préservatif. Après l'éjaculation, il suffit de recueillir le sperme resté dans le préservatif avec une petite seringue. La femme peut alors l'injecter elle-même au niveau du col de l'utérus.
 Si c'est le futur papa qui est séropositif, pas question de risquer de contaminer la maman par des rapports non protégés. Il vous faudra vous rendre dans un centre de procréation médicalement assistée, qui plus est agréé pour traiter le sperme séropositif. Des techniques permettent aujourd'hui de séparer les spermatozoïdes du liquide séminal, qui contient le virus. Une fois le "tri" effectué, on procédera à une insémination artificielle ou à une fécondation in vitro.
 Si les deux futurs parents sont séropositifs, alors c'est la méthode traditionnelle qui prévaut : il vous suffit de faire des galipettes en période ovulatoire. Cependant, il est recommandé d'entamer la démarche de procréation lorsque la trithérapie est efficace et la charge virale (le taux de virus dans le sang) minimale, voire indétectable. Cela abaisse le risque de transmission au bébé et celui de surcontamination d'un partenaire à l'autre.
 Vous ne souhaitez prendre absolument aucun risque quant au statut sérologique de votre enfant ? Un couple dont l'un des partenaires, ou même les deux, est séropositif, a tout à fait le droit d'adopter, selon les mêmes démarches que les couples séronégatifs. Il n'y a pas d'obligation de mentionner son infection au VIH. 

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