Sécurité des patients : ça se joue aussi en dehors de l'hôpital ! Les enjeux de l'hospitalisation à domicile

l'hospitalisation à domicile est amenée à se développer dans les prochaines
L'hospitalisation à domicile est amenée à se développer dans les prochaines années. ©  Alexander Raths - Fotolia.com

C'est une tendance qui se développe : quand un patient a besoin de soins importants mais pas d'une surveillance constante, il peut, dans certains cas, être hospitalisé à domicile. Cela signifie qu'il reste chez lui mais bénéficie d'une présence médicale et des mêmes soins qu'il aurait reçus en restant à l'hôpital. Il s'agit généralement de patients atteints de cancers à des stades divers, y compris ceux en chimiothérapie ou en soins palliatifs, mais aussi de personnes touchées par des maladies neuro-dégénératives comme la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson. Au total, pas moins de 90 000 journées d'hospitalisation ont ainsi été prises en charge en France en 2010. "Il ne faut pas confondre l'hospitalisation à domicile avec le maintien à domicile, explique Elisabeth Hubert, ex-ministre de la Santé et directrice de la Fédération nationale des établissements d'hospitalisation à domicile (FNEHAD). Nous prodiguons des soins lourds et il nous faut donc respecter des normes d'hygiène très strictes. La difficulté est que nous évoluons dans un environnement non hospitalier, où vivent d'autres gens, ce qui complique considérablement la tâche."

Mesures de contrôle

Pour répondre aux normes de sécurité, la FNEHAD a donc instauré ses propres règles.

 Les professionnels de santé qui interviennent dans le cadre d'une hospitalisation à domicile peuvent engager une procédure de certification, "certes un peu complexe mais gage de qualité, indispensable à notre sens".

 Une convention a été signée avec les libéraux qui sont amenés à intervenir dans le cadre de ces hospitalisations : "Ils s'engagent ainsi à travailler selon nos critères, avec un matériel spécifique, des vêtements à usage unique, etc.", explique Elisabeth Hubert.

 Des indicateurs qualités ont été mis en place. "Bien sûr, ce ne sont pas les mêmes que dans les hôpitaux, ça n'est pas possible. Mais nous avons établi nos propres critères d'exigence et de surveillance."

 Par ailleurs, l'idée est également de promouvoir un travail en équipe. En effet, il peut être difficile pour les infirmiers libéraux, par exemple, d'avoir tout l'équipement nécessaire pour assurer le même degré d'hygiène qu'à l'hôpital, d'autant qu'il est souvent amené à utiliser le matériel de la famille. En mettant les efforts en commun au sein d'équipes, cela peut être plus facilement gérable.

Ces stratégies doivent être envisagées sérieusement : le vieillissement de la population aidant, l'hospitalisation à domicile et la télémédecine sont appelés à se développer largement.

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