Antibiotiques : une nouvelle campagne pour expliquer la résistance bactérienne Comment les bactéries deviennent-elles résistantes ?

Peut-être le savez-vous déjà : si on cherche à réduire la consommation d'antibiotiques, ça n'est pas tant pour faire des économies que pour éviter le développement de la résistance bactérienne. Une préoccupation de santé publique de premier ordre puisqu'elle fait déjà 25 000 morts chaque année dans l'Union européenne. Mais au fait, c'est quoi exactement ?

On parle de résistance quand des bactéries, qui jusqu'alors pouvaient être détruites par certains antibiotiques, ne meurent plus à leur contact. Cela devient particulièrement problématique si plus aucun antibiotique (il en existe une dizaine de familles aux propriétés différentes) ne réussit à en venir à bout. Ces bactéries résistantes peuvent alors se multiplier en toute impunité et le risque d'infection généralisée est grand.

"Certaines bactéries ne peuvent plus être détruites par les antibiotiques"

La prescription exagérée d'antibiotiques tend à amplifier le phénomène de façon inquiétante. En effet, les antibiotiques vont donc venir à bout de toutes les bactéries non résistantes, celles que l'on vise à détruire, mais aussi les bonnes bactéries de notre flore intestinale, par exemple. Résultat : cela laisse le champ libre aux bactéries résistantes (qui, elles, n'ont par définition pas été détruites) pour proliférer. Aïe.

A cela s'ajoutent deux problèmes de taille.

 D'abord, les bactéries se transmettent facilement d'une personne à une autre. Le risque d'infection résistante peut donc assez facilement se répandre. C'est notamment le cas dans les milieux clos tels que les hôpitaux, où on entend régulièrement parler de ces infections du champ opératoire dont on peine parfois à se débarrasser.

 Ensuite, cette résistance peut se transmettre d'un type de bactérie à un autre. D'où un risque de dissémination très élevé.

Heureusement, il est encore assez rare qu'une bactérie soit résistante à toutes les classes d'antibiotiques, mais le phénomène semble s'être accéléré au cours des dernières années. En outre, on peine aujourd'hui à fabriquer des antibiotiques nouveaux : quelque 40 nouvelles molécules avaient été brevetées en 1983, contre seulement 10 en 2009.

Parmi les bactéries de plus en plus préoccupantes aujourd'hui, on retrouve la célèbre E-coli. Elle existe en plusieurs variations, dont certaines sont responsables de la plupart des infections urinaires. Entre 2004 et 2008, son taux de résistance aux fluoroquinolones (l'antibiotique traditionnellement utilisé pour soigner ces infections) a augmenté de 90 % !

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