Puberté précoce : ce qu'il faut savoir Puberté précoce : quelles solutions ?

la puberté précoce peut impacter la croissance.
La puberté précoce peut impacter la croissance. © JPC PROD - Fotolia.com

Consulter pour se rassurer. Si la puberté précoce est source d'angoisse chez la plupart des parents et enfants, ses conséquences sont en réalité souvent bien moins terribles qu'ils ne l'imaginent. "Il faut tout d'abord bien expliquer aux parents comment se déroule la puberté et le fait que les premières règles ne surviennent que 2 ans après le début de la poussée des seins. Le pédiatre examinera attentivement l'enfant, vérifiera sa courbe de croissance et demandera éventuellement des examens complémentaires comme une radiographie d'âge osseux, une échographie pelvienne ou une prise de sang", détaille le Dr Patricia Bartaire. Le but de la consultation est de ne pas passer à côté d'une cause médicale sérieuse (qui existe chez 5 % des filles, mais 30 à 40 % des garçons). Il faut ensuite évaluer si cette puberté précoce évolue rapidement ou non et si elle risque de conduire à des problèmes de croissance. "Dans un premier temps, on remarque une accélération de la croissance due à la puberté, mais le pic de croissance se terminera aussi plus tôt, de telle sorte que cela peut mener à une petite taille à l'âge adulte", décrit le Dr Bartaire. Il faudra ensuite analyser le comportement de la petite fille et son vécu de ces changements précoces : est-elle perturbée ? Est-elle inquiète d'être formée et réglée avant les autres ? Dans certains cas un traitement médical peut être proposé afin de bloquer la puberté jusqu'à un âge plus adapté (10-11 ans selon les enfants).

Agir en modifiant son mode de vie. Une fois que la puberté précoce est dépistée, il faut répondre aux interrogations des parents qui se demandent pourquoi elle est apparue chez leur enfant. "Les pubertés précoces sont probablement la conséquence de notre mode de vie (prise de poids) et de notre environnement, en particulier des perturbateurs endocriniens, dont l'imprégnation commence dès la vie foetale. Ces substances extérieures sont en effet capables de modifier notre propre système hormonal, explique le docteur Patricia Bartaire. Sauf que les perturbateurs endocriniens sont partout. Alors comment faire ? "Il ne s'agit pas de culpabiliser les parents car effectivement il est très compliqué d'éliminer tous les produits nocifs de l'environnement de l'enfant", reconnaît-t-elle. Toutefois, c'est l'occasion d'informer les parents et de les conseiller. Il y a en effet pas mal de petites choses simples à mettre en place rapidement pour limiter l'exposition aux perturbateurs endocriniens. "Je conseille par exemple de limiter la consommation de pesticides et d'additifs alimentaires en choisissant des produits de base issus de l'agriculture biologique et que l'on cuisine soi-même ensuite, ou encore de limiter les mobiliers et jouets contenant des solvants, des phtalates, etc." Autre ennemi à combattre : le sucre. Le dépistage d'une puberté précoce est souvent l'occasion de revoir le régime alimentaire de l'enfant. " J'explique aux parents que bien des produits de consommation de la petite enfance sont inadaptés et surtout délétères pour la santé. Mais là aussi c'est compliqué : les habitudes sont bien ancrées et les lobbys sont puissants, ainsi que l'explique la pédiatre : "Prenez l'exemple des compotes à boire : tous les parents sont persuadés que c'est un bon produit pour la santé et que c'est une manière ludique de leur faire goûter aux fruits. En réalité, c'est une catastrophe rien que par son principe même : l'enfant ne mâche pas des fruits, il ne les touche pas, il ne les voit pas : il les gobe dans un contenant artificiel !"

Parfois cela marche vraiment. La modification des habitudes alimentaires et la moindre exposition aux perturbateurs endocriniens pourrait ralentir l'évolution de la puberté précoce et surtout limiter l'apparition d'autres dysfonctionnements endocriniens. "J'ai plusieurs petites patientes dont les signes de puberté précoce ont cessé d'évoluer alors qu'elles avaient changé nettement leur alimentation et fait davantage d'exercice physique. Cela ne constitue pas une preuve scientifique, mais en tout cas c'est une observation intéressante et encourageante." Car ce qu'il faut comprendre, c'est que plus on est exposé longtemps aux perturbateurs endocriniens, plus ils s'accumulent dans le corps et plus c'est nuisible. Il n'est donc jamais trop tard pour changer son mode de vie !

 

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