Puberté précoce : ce qu'il faut savoir Comment reconnaître une puberté précoce ?

La puberté précoce a commencé à inquiéter les médecins il y a plus de 20 ans. Aujourd'hui, elle est de plus en plus fréquente et l'influence de facteurs de l'environnement est fortement suspectée. Mais alors que le phénomène est encore méconnu, les familles sont bien souvent démunies et se posent de nombreuses questions.

Quels sont les signes de la puberté précoce ? Avant toute chose, il faut savoir que la puberté précoce touche majoritairement les petites filles. Chez elles, le principal signe est le développement précoce des seins. "Lorsqu'une poussée mammaire apparaît avant 8 ans, ce n'est pas normal", confirme le Docteur Patricia Bartaire, pédiatre de l'Association française des pédiatres endocrinologues libéraux (AFPEL). Chez le petit garçon, c'est l'augmentation du volume testiculaire avant 9 ans qui doit inquiéter les parents. D'autres signes peuvent par ailleurs évoquer une puberté précoce, comme une transpiration odorante, l'apparition de poils ou encore de l'acné, toujours avant 8 ans. En réalité, les choses sont compliquées. On imagine bien par exemple qu'il n'est pas évident de faire la différence entre une poussée mammaire précoce et une petite fille "juste" potelée. "Ce n'est ni évident pour les parents, ni pour les médecins. C'est pourquoi, en cas de doute, il est préférable de consulter un pédiatre, voire un pédiatre spécialisé en endocrinologie", conseille le Docteur Bartaire. 

la puberté précoce a souvent des répercussions psychologiques sur l'enfant.
La puberté précoce a souvent des répercussions psychologiques sur l'enfant. © carballo - Fotolia.com

Les impacts psychologiques sont variables d'un enfant à l'autre"Tout dépend de l'environnement familial, souligne Patricia Bartaire. Dans certaines familles, on retrouve une tendance à être pubère un peu tôt et lorsque la puberté débute vers 8 ans chez une petite fille, elle n'inquiète pas toujours la famille." En revanche, cela peut être plus compliqué pour l'enfant en particulier à l'école, ainsi que l'explique Caroline, dont la puberté a commencé précocement : "Mes seins sont apparus très tôt. Lorsque j'étais en famille, cela ne me posait pas de problème car j'avais aussi des cousines dans le même cas. En revanche, c'est à l'école que j'ai eu plus de difficultés. Je me souviens notamment d'un mot de la maîtresse dans le carnet de liaison qui expliquait à mes parents que je devais m'habiller avec des hauts moins moulants !"

Parler puberté, c'est tabou. Parfois aussi, c'est au sein même de la famille que les difficultés se manifestent. Parler des seins, des poils, de la puberté peut être très compliqué, aussi bien pour les petites filles que pour leurs parents. De plus, la puberté précoce n'est pas que physique. Elle a aussi des conséquences sur le comportement du pré-adolescent. "D'une manière générale, le comportement se modifie : ce sont des sautes d'humeur liées aux hormones, des problèmes avec les parents ou à l'école... Une sorte de "crise d'ado" avant l'heure en quelque sorte", souligne Patricia Bartaire. Chez les filles, on constate parfois un repli sur soi ou un mal-être avec son propre corps, décrit-t-elle : "par exemple, elles n'osent pas aller à la piscine parce qu'elles craignent de se déshabiller". Les conséquences psychologiques peuvent mener à de la tristesse, voire à des symptômes de dépression explique encore la pédiatre. "Encore une fois, même si le sujet n'est pas simple et que nombre de parents ne sont pas à l'aise, il est important de leur faire passer le message qu'ils peuvent en parler, soit avec leur enfant, soit avec le médecin. Lorsque l'enfant est examiné par le pédiatre et que les modifications précoces de son corps lui sont expliquées, dans bien des cas cela permet de diminuer son inquiétude", conseille le Dr Bartaire.

Sommaire