72 % de la population ne fait pas d'activité physique régulièrement

Les Français connaissent les effets de l'exercice sur le poids mais beaucoup moins sur la santé en général. Seuls 28 % des personnes interrogées lors de notre enquête exclusive, réalisée auprès d'environ 8 000 personnes, disent pratiquer une activité sportive régulière.

72 % de la population ne fait pas d'activité physique régulièrement
© Journal des Femmes / Magali Talneau
02
Les Français et leur poids. © Journal des Femmes / Magali Talneau

Lors de notre enquête, nous avons également demandé aux Français s'ils faisaient
attention à leur poids et, si oui, pour quelles raisons.

78 % des répondants font attention à leur poids. à la question "Pourquoi ?", la moitié répond pour être en bonne santé et bien dans leur peau. Une personne sur cinq répond qu'elle pratique une activité physique pour maigrir.

À la question "Pratiquez-vous une activité sportive ?", seuls 28 % des Français déclarent une activité régulière. Soit 72 % de la population qui ne fait pas d'activité physique régulièrement. Il est paradoxal que les Français surveillent leur poids mais ne pensent pas à l'activité physique.

Comment expliquez-vous ces chiffres ?

Dr Boris Hansel, endocrinologue et diabétologue : Cela reflète deux choses : d'une part, cela montre l'ignorance pour une part importante de la population du rôle majeur de l'activité physique dans le contrôle du poids. Je le vois en consultation, les patients obèses demandent un régime alimentaire. Il est rare qu'ils pensent d'emblée à l'activité physique. Je dois souvent leur apprendre à donner autant d'importance à la reprise de l'exercice qu'à l'amélioration des habitudes alimentaires. Ils découvrent souvent l'existence d'effets bénéfiques de l'activité physique indépendamment même de la perte de poids.

D'autre part, ce résultat contrasté témoigne d'une difficulté à pratiquer les activités
physiques. Pour beaucoup, il semble plus facile de se mettre au régime que de bouger davantage ! C'est une idée reçue contre laquelle les professionnels de santé doivent se mobiliser.

Laurence Bensimon-Clémente, actiphysicienne : L'idée que les régimes sont bons pour la santé puisqu'ils font perdre du poids est très largement répandue. Les magazines féminins y sont pour beaucoup. Or, c'est faux. Les régimes ne sont pas tous bons pour la santé et par exemple, on peut tout à fait être mince et avoir du cholestérol. De plus, les régimes et les reprises de poids (effet yoyo) qu'ils entraînent enferment la personne dans un sentiment d'échec et font baisser l'estime qu'elle a d'elle-même. C'est une véritable catastrophe psychologique. Contrairement aux "régimes miracles", l'activité physique demande un apprentissage avec l'aide d'un professionnel, donc un investissement personnel de départ plus long, et on obtient une amélioration durable de la qualité de vie.

Pr Yves Juillière, cardiologue : Peut-être qu'en répondant, ils ont pensé au sport au sens strict, sans englober l'activité physique que l'on peut faire quotidiennement de façon naturelle. Ces deux termes se mélangent souvent dans l'esprit des gens et dans le langage courant. Or, il s'agit de deux choses distinctes et les Français font davantage d'activité physique que de sport.

Selon vous, qu'est-ce qui pourrait inciter les Français à bouger davantage ?

Dr Boris Hansel : Il n'y a pas de solution unique à cette question. Je pense particulièrement à trois mesures prioritaires.

- Tout d'abord, il faut expliquer à chacun et de façon pédagogique et personnelle
l'intérêt de l'activité physique.
Nous devrions davantage adapter notre discours en fonction des facteurs de risque des individus. Les messages doivent être plus ciblés. Aux personnes âgées, on devrait insister par exemple sur l'intérêt de l'activité physique pour prévenir les chutes et maintenir une bonne autonomie. Aux anxieux et aux insomniaques, il faut montrer l'effet tranquillisant des exercices d'endurance bien pratiqués !

- Il faut bien sûr améliorer l'accessibilité aux équipements sportifs : piscines, stades, espaces verts, pistes cyclables sécurisées...

- Enfin, les médecins devraient détecter précocement les personnes en difficulté dans l'application des recommandations. Ils pourraient alors les orienter vers un spécialiste de l'activité physique pour la santé. De la même manière qu'une personne qui n'arrive pas à équilibrer seule son alimentation consulte un nutritionniste ou un diététicien, celle qui rencontre des obstacles dans la pratique d'activités physiques devrait prendre conseil auprès d'un actiphysicien.

 

 Retrouvez la méthologie, l'ensemble des résultats de l'enquête et leur analyse : "Découvrez le meilleur des médicaments".