Nanomatériaux : ils sont partout et potentiellement dangereux

Les nanomatériaux entrent dans la composition de nombreux produits de consommation du quotidien. Un rapport de l'Agence de l'environnement (Anses) pointe les effets toxiques de certains d'entre eux.

Nanomatériaux : ils sont partout et potentiellement dangereux
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Dans un rapport publié le 15 mai, l'agence française de sécurité alimentaire et sanitaire (Anses) met en garde contre les dangers potentiels mais encore largement inexplorés des nanomatériaux. Et réclame une réglementation européenne plus stricte à leur égard.

Bien qu'ils existent parfois depuis près d'un siècle, c'est à la fin des années 1990 que les nanomatériaux connaissent un essor industriel important. Les nanoparticules sont des particules de très petite taille, soit environ 10 000 fois plus petites que l'épaisseur d'un cheveu. Leur taille ainsi que leur structure particulière confèrent ainsi aux nanomatériaux des propriétés innovantes : antibactériennes, ultrarésistantes, etc. De quoi séduire de multiples secteurs d'activités, par exemple :

- les cosmétiques : crèmes solaires anti-uv, rouges à lèvres, dentifrices, etc.
- l'industrie textile : vêtements aux propriétés antibactériennes, comme les chaussettes anti-odeurs.
- l'agro-alimentaire : compléments alimentaires, additifs, etc.
- la médecine : imagerie, implants, etc.
- l'électronique : téléphones portables, micro-ordinateurs, etc.
On les retrouve aussi dans les peintures anti-tâches, les raquettes de tennis, les pneus de voiture, les peintures, etc. Bref, les nanomatériaux entrent dans la composition de nombreux produits de la vie courante.

Des risques incertains pour la santé. Problème : on sait que ces nanoparticules peuvent pénétrer dans l'organisme, mais on ne connaît ni leurs effets sur l'homme, ni sur l'environnement. C'est pour cette raison, que l'Anses vient de publier un rapport de synthèse sur l'état des connaissances scientifiques sur les nanomatériaux. Sur la base de tests effectués sur l'animal, il confirme, en premier lieu, la capacité des nanomatériaux à passer les barrières physiologiques et pointe également la toxicité de certains d'entre eux, sachant qu'il n'existe pas à l'heure actuelle de données applicables directement à l'homme, en raison de l'absence d'études épidémiologiques. L'Anses conclut que malgré la progression des connaissances scientifiques, "les incertitudes restent importantes quant aux effets des nanomatériaux sur la santé et l'environnement." Et poursuit : "la synthèse des connaissances met en évidence des caractéristiques de danger très diverses ainsi qu'une grande complexité à appréhender les situations d'exposition pour l'homme et l'environnement". De plus, il existe des "limites méthodologiques en matière d'évaluation des risques". L'Agence recommande donc "de mettre en place sans attendre des outils pour mieux maîtriser les risques par un encadrement réglementaire renforcé au niveau européen."