Les médicaments génériques : des copies pas si conformes

Décidément l'industrie du médicament ne commence pas l'année 2012 plus sereinement que 2011. Cette fois, ce sont les médicaments génériques qui sont critiqués sur leur efficacité, voire leur toxicité.

Les médicaments génériques : des copies pas si conformes
© kubais - Fotolia

Lancé en 1999 en France, le marché des génériques vient pour la première fois de connaître un recul des ventes de 3 %. Une des raisons de ce recul serait la réticence des médecins à les prescrire (en inscrivant "non substituable" sur les ordonnances de leur patient). Les pharmaciens ne peuvent alors pas imposer le générique au malade. De plus en plus de médecins refuseraient dorénavant les médicaments génériques en raison de leur efficacité douteuse.

Les médicaments génériques sont des copies de médicaments dont les brevets des molécules sont arrivés à expiration et donc du domaine public. De nombreux laboratoires spécialisés dans la fabrication de médicaments génériques ont vu le jour, pour profiter de ces brevets pour des produits de santé efficaces et donc rentables puisqu'il n'y a pas de recherche à faire, mais uniquement de la fabrication.

Le problème, c'est que seule la molécule est brevetée, l'enrobage ou encore la forme et la couleur sont eux à choisir par l'industriel qui les fabrique. Et c'est là que le bât blesse : les variations des ingrédients utilisés pour ces nouvelles versions entraînent-elles des modifications de l'efficacité du principe actif ? D'autant que la modification de la forme ou même de la couleur d'un comprimé dans un traitement chronique n'est pas sans conséquence, notamment chez les personnes âgées qui perdent leurs repères habituels.

L'Académie de médecine a même publié le 14 février un rapport mentionnant son inquiétude sur l'utilisation de matières premières des médicaments qui ont été produites à l'étranger, dans des pays qui n'ont pas les mêmes règles de pharmacovigilance que celles imposées en France notamment.

Car pour être mis sur le marché, le générique doit prouver une bioéquivalence avec le médicament original, mais avec une tolérance de + ou – 20 % ! Si les autorités de santé estiment que l'efficacité est ainsi garantie, les médecins ne sont pas du même avis. Pour certains traitements, comme les antiépileptiques, la dose est très importante et une variation de + ou – 20 % peut influencer l'efficacité de la prise en charge de la maladie.

Il est plus que probable que les autorités de santé répondent rapidement au rapport de l'Académie de médecine, afin d'éviter que tous les Français refusent les médicaments génériques qui ont pour but de diminuer les dépenses de santé.