Infections nosocomiales : une qualité améliorée, des résultats tangibles ? Quelques épisodes récents d'infections nosocomiales...

malgré des précautions maximales, le champignon a sévi plusieurs fois à
Malgré des précautions maximales, le champignon a sévi plusieurs fois à l'hôpital Nord de Marseille. © margouillat photo - Fotolia.com

C'était au cœur de l'été 2010. L'épisode aurait donc pu passer inaperçu, mais il a au contraire défrayé la chronique médicale. Une bactérie ultra-résistante à quasiment tous les antibiotiques est retrouvée dans des hôpitaux britanniques. Des recherches permettent de confirmer sa provenance : elle arrive directement d'Asie et a été "importée" par des patients y ayant séjourné pour faire du tourisme médical. L'ennui, c'est qu'après enquête, cette bactérie est retrouvée dans plusieurs villes d'Inde, d'Asie du Sud mais aussi du Royaume-Uni, pas seulement dans les hôpitaux mais dans la population en général.

Les chercheurs finissent par repérer le gène responsable de cette résistance hors-norme : c'est NDM-1. L'ennui, c'est que ce gène peut se retrouver dans différentes bactéries et on craint qu'il puisse se transmettre de l'une à l'autre, rendant ainsi un grand nombre de bactéries résistantes aux antibiotiques. "C'est notre plus grande crainte sur le plan des infections nosocomiale, commente le Dr Denis, de l'hôpital Tenon. Des mesures importantes ont été mises en place. Il est recommandé de dépister toutes les personnes malades qui rentrent d'un séjour prolongé dans un pays où cette souche résistante est présente, ainsi que toute personne ayant été hospitalisée dans l'un de ces pays. Si jamais on trouve la bactérie, il faut alors isoler le malade. Malheureusement, on ne peut pas faire grand-chose d'autre."

Attaque à Marseille

Quant aux infections nosocomiales à proprement parler, un autre exemple récent prouve que malgré toutes les précautions et toute la bonne volonté du monde, elles semblent parfois inévitables. Ainsi, l'un des bâtiments les plus modernes de l'hôpital Nord de Marseille l'a récemment appris à ses dépens. Bien que classé parmi les bons élèves de la lutte contre les infections nosocomiales, l'hôpital a dû faire face à une invasion d'Aspergillus qui a sévi plusieurs fois d'affilée, contaminant sept personnes, dont trois en sont mortes. Ce champignon s'attaque aux poumons de ses victimes et provoque de graves pneumonies. Il a vraisemblablement été libéré pendant les travaux de rénovation du pavillon, mais ne s'est manifesté que plusieurs mois après la réouverture. Malgré de gros efforts de désinfection et alors qu'on le croyait éradiqué, il sévira à nouveau, faisant de nouvelles victimes. Aujourd'hui, le problème semble réglé mais les responsables de l'hôpital continuent d'essayer de comprendre comment une telle catastrophe a pu se produire malgré toutes les précautions prises par l'établissement.

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