Le bisphénol A banni des contenants alimentaires

Depuis le 1er janvier le bisphénol A est interdit dans les tickets de caisse et les contenants alimentaires. Ce perturbateur endocrinien présent dans les bouteilles d'eau, les canettes ou les boîtes de conserve présente de nombreux risques pour la santé.

Le bisphénol A banni des contenants alimentaires
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Il était déjà banni des biberons et contenants alimentaires destinés aux 0-3 ans. Comme prévu, l'interdiction du bisphénol A est élargie à tout type de matériaux en contact avec les aliments depuis le 1er janvier. Sont ainsi concernés : les canettes de sodas, les boîtes de conserve, les bouteilles en plastique ou encore les bonbonnes à eau. L'alimentation contribue en effet à plus de 80 % de l'exposition de la population par le bisphénol A. En avril dernier, Ségolène Royal avait lancé une offensive contre le bisphénol A, via la mise en œuvre d'un plan de lutte global contre les perturbateurs endocriniens. A cette occasion, la ministre de l'Ecologie avait par ailleurs indiqué souhaiter "cibler les contrôles sur les phtalates dans les jouets" et proposer une directive au niveau européen.

Les méfaits des perturbateurs endocriniens. Le bisphénol A est nocif sur le système hormonal et sur le système reproducteur. Selon l'Agence européenne des aliments (Efsa), il présente par ailleurs des effets probables sur le foie et les reins ainsi que sur la glande mammaire. De nombreuses études ont d'ailleurs relevé une association entre les pubertés précoces chez les filles et l'exposition à certains perturbateurs endocriniens.

Le combat n'est pas gagné. Même si la France est le seul pays d'Europe a avoir mis en place cette interdiction totale du bisphénol A dans les contenants alimentaires, il faut rappeler que les liens entre composés issus de l'environnement (issus de l'industrie chimique pour la plupart d'entre eux) et dérèglement du système endocrinien sont connus depuis le début des années 90. Mais le problème, c'est que l'on n'a pas suffisamment de recul sur les produits qui vont remplacer le bisphénol, ainsi que nous l'avait expliqué le docteur Patricia Bartaire, pédiatre de l'Association française des pédiatres endocrinologues libéraux (AFPEL). "Le problème c'est qu'on s'attaque aux plastiques alimentaires sans avoir suffisamment de recul sur les produits de substitution que l'on met à la place. Sont-ils réellement moins nocifs ? Pas si sûr". Enfin, au-delà du bisphénol A, d'autres perturbateurs endocriniens demeurent très préoccupants, notamment les pesticides et les herbicides que l'on retrouve jusque dans le sang et les cheveux des enfants...

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