IRM : les délais d'attente sont de plus en plus longs

En 2014, il faut attendre en moyenne 37,7 jours pour obtenir un examen IRM en urgence. Jamais un tel délai n'avait été atteint depuis 11 ans.

IRM : les délais d'attente sont de plus en plus longs
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Même pour un cas d'urgence, obtenir un rendez-vous pour passer une IRM (imagerie par résonance magnétique) peut prendre beaucoup de temps. Comptez en moyenne 37,7 jours, avec de fortes disparités selon les régions. C'est le délai inquiétant révélé par une étude* qui évalue chaque année depuis 11 ans les délais d'attente pour obtenir un examen IRM pour un patient fictif relevant d'une situation d'urgence oncologique. A chaque fois, le même scénario est mis en place : la fille du patient explique que son père a été opéré d'un cancer du colon il y a 3 mois et qu'il présente une douleur lombaire apparue il y a peu. Elle précise qu'il a vu son médecin cancérologue il y a quelques jours et que celui-ci a beaucoup insisté pour qu'il réalise une IRM lombaire rapidement. 

64 jours d'attente en Basse-Normandie. Cette année le délai d'attente explose et accuse 7,2 jours d'attente en plus par rapport à l'année passée. Soit un délai bien plus long que le délai acceptable estimé par le nouveau Plan Cancer 2014-2019 fixé à 20 jours. De plus, aucune région à forte densité de mortalité par cancer ne passe sous la barre des 30 jours d'attente à part le Nord Pas de Calais (26,3 jours). Pire, certaines régions comme la Bretagne, l'Alsace, la Lorraine atteignent même plus de 50 jours, voir même 64 jours en Basse Normandie. A l'inverse, seulement trois régions, dites dynamiques, montrent des résultats encourageants liés à une politique volontariste d'installation d'équipements d'imagerie. Ainsi, le Midi Pyrénées, le Languedoc Roussillon et la région PACA voient leurs délais d'attente légèrement baisser de 1 à 2 jours environ. En 2014, la France peut proposer 10 IRM par million d'habitants, soit moité moins que l'objectif fixé par le dernier plan Cancer. 

La France est très mal équipée en IRM. Si le nombre d'IRM par habitant est insuffisant c'est en partie parce que les indications de l'IRM progressent de façon spectaculaire pour certaines pathologies. C'est le cas en urologie pour la prostate avec + 32,10 % d'IRM entre 2010 et 2012 ou pour les pathologies cardiaques (+ 24,20 %). C'est que l'IRM est un examen très performant. Sa pratique est donc de plus en plus encouragée par de nombreuses instances et autorités de Santé. Un rapport de 2013 de l'Autorité de Sûreté Nucléaire conseillait ainsi de substituer le scanner par l'IRM, en raison d'une moindre exposition aux rayons ionisants. Mais le problème, c'est que face à cette forte demande, l'équipement en IRM demeure trop lent : 38 machines supplémentaires ont été installées jusqu'à présent en 2014 (60 autres devraient être opérationnelles d'ici quelques mois), ce qui équivaut à l'une des plus faibles progressions de ces 10 dernières années. La France est qui plus est en retard par rapport au reste de l'Europe, notamment par rapport aux pays d'Europe de l'Ouest qui continuent à faire progresser leur parc d'équipements IRM pour répondre au développement des nouvelles applications. 

* Etude Cemka-Eval conduite pour IMAGERIE SANTE AVENIR.