Entretien avec le Pr Charpentier "Pour le donneur vivant, il sauve la vie d'un proche"

Quel est l'impact d'une greffe sur le receveur et sur le donneur ?

 Pour le donneur vivant, il s'agit d'un geste d'une grande générosité, il participe à sauver la vie d'un proche et est donc très heureux de son geste. Malgré tout il reste un risque opératoire dû à la chirurgie, ainsi que le fait de vivre avec un seul rein (il faut en prendre soin). Le risque opératoire pour le donneur est d'1 pour 40 000, ça correspond par exemple au risque de mourir après un choc par un camion au bout de 2 ans de conduite parisienne.

 Pour le receveur, bénéficier d'un don, c'est le jackpot ! Il obtient une greffe après souvent de longs mois d'attente et le reste est plus superficiel pour lui après ça. Il y a une opération et donc un risque chirurgical, ainsi que la prise d'immunosuppresseurs, mais avant tout il retrouve une vie normale et la possibilité d'une réinsertion à la fois physique, sociale et affective qui était incompatible avec la défaillance.

 

Quelle est la qualité de vie des greffés ?

"Le patient greffé ne vit pas complètement en dehors du monde médical."

Le traitement par immunosuppresseurs est plutôt facile dans la vie quotidienne, il s'agit de comprimés à prendre deux à trois fois par jour, ce qui est incomparable avec la vie du malade avant la greffe... La difficulté est dans la régularité puisque si aucun comprimé n'est oublié quelques mois après la greffe, 30 ans après, le réflexe n'est plus aussi évident. La compliance, c'est-à-dire la rigueur, s'impose pour ne pas oublier ses médicaments. Ensuite, le patient greffé n'est pas complètement guéri, il reste un fil à la patte puisqu'il ne vit pas complètement en dehors du monde médical. Il n'est pas vraiment libéré puisqu'un suivi est obligatoire.

Enfin, la dernière difficulté est la durée de vie du greffon. Pour certains, la greffe va très loin, mais la survie moyenne du rein greffé est de 14 à 18 ans.

Sommaire