Infections nosocomiales et sécurité des patients : le système de surveillance redéfini Des limites qui restent à repousser

une formation adaptée des futurs médecins, pour que l'on ose enfin déclarer les
Une formation adaptée des futurs médecins, pour que l'on ose enfin déclarer les effets indésirables ? © Yuri Arcurs - Fotolia.com

Si la situation a énormément évolué en 15 ans, on est loin d'avoir atteint le "zéro faute". La preuve : environ 750 000 personnes contractent une infection nosocomiale, chaque année, rien que sur le territoire hexagonal.

 Commençons tout de même par un chiffre qui donne de l'espoir : le nombre de déclarations d'infections nosocomiales auprès de l'InVS a augmenté de 25 % depuis 2006. Oui, c'est une bonne nouvelle, parce que cela ne signifie pas que les infections nosocomiales sont plus nombreuses, mais plutôt que le personnel médical hésite moins à les déclarer ! Le tabou semble se lever peu à peu. Reste que trop de gens ont encore tendance à cacher ce type de problème, a fortiori lorsqu'il s'agit d'une erreur médicale. "Et pourtant, il est primordial de ne pas ajouter une erreur (la non déclaration, ndlr) à l'erreur", souligne Claude Rambaud, président de l'association Le Lien, qui lutte contre les infections nosocomiales et les erreurs médicales. Toute une culture de la transparence reste donc à développer.

 Autre problème : plusieurs systèmes de surveillance et de signalement coexistent. Les informations se retrouvent donc éparpillées au sein de divers organismes (InVS, HAS, etc.) et il devient très compliqué de s'y retrouver, y compris pour les initiés ! Ici également, peut-être une bonne nouvelle : il semblerait que les autorités sanitaires soient en train de réfléchir à un portail unique des vigilances. Il permettrait notamment de remplir des formulaires plus simples et rapides, avec quelques questions bien ciblées.

 Un autre écueil que celui de la remontée des informations : il faudrait que les problèmes signalés arrivent plus vite jusqu'au décisionnaire. Pour l'heure, il se passe beaucoup trop de temps entre les premières déclarations d'événements indésirables et une réponse appropriée. Un bel exemple, dans un domaine approchant : le Médiator, dont plusieurs personnes avaient signalé sa dangerosité, mais qui est demeuré des années sur le marché, les décisionnaires n'ayant apparemment eu connaissance de ces signalements.

 Enfin, plutôt que de voir le signalement d'un effet indésirable comme de la délation, mieux vaudrait le porter au crédit du déclarant : il rend service à la communauté, et non l'inverse, ce que beaucoup ont encore du mal à réaliser.

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