Hépatite C : de nouveaux traitements mieux tolérés et plus efficaces Eradiquer le virus de l'hépatite C, une réalité

"Avec l'arrivée des nouveaux traitements anti-viraux, on peut parler de véritable révolution dans les traitements contre l'hépatite C", se réjouit le Professeur Marcellin, hépatologue à l'hôpital Beaujon à Clichy (Hauts-de-Seine). C'est à l'occasion du 7e congrès contre les hépatites à Paris, que les rapides progrès réalisés dans ce domaine ont été dévoilés. On dispose en effet aujourd'hui de nouveaux traitements de plus en plus efficaces. "Ces nouveau traitements vont permettre de guérir la majorité des malades, avec un taux de guérison de 90 % précise-t-il. Ils présentent de plus l'avantage d'être très bien tolérés par les patients et de se prendre sur une durée plus courte, à savoir 3 à 6 mois."
Jusqu'à présent, les traitements contre l'hépatite C duraient 6 à 12 mois et étaient surtout greffés d'effets secondaires. Eliane, contaminée en 1986 suite à une transfusion sanguine lors d'une opération chirurgicale, a découvert son hépatite C en 2005. Traitée pendant 6 mois, elle décrit un traitement lourd : "Je souffrais de douleurs musculaires et articulaires qui m'empêchaient de marcher correctement et j'étais extrêmement fatiguée."

Aujourd'hui, deux nouvelles molécules arrivent sur le marché. La première molécule, le sofosbuvir, a obtenu son autorisation de mise sur le marché fin janvier. Cet anti-polymérase présente l'avantage d'être efficace contre tous les génotypes du virus de l'hépatite C, donc chez tous les malades. L'autre bonne nouvelle, c'est qu'il pourra être prescrit en bithérapie, sans interféron, pour les patients de génotype 2 et 3. "Cela signifie que les patients qui répondent à ce génotype pourraient avoir un traitement sans interféron donc sans effets secondaires (fatigue, état grippal...). Ce qui représente quand même 30 à 40 % des patients", note le Pr Marcellin. Deuxième molécule attendue le siméprévir. Cette anti-prothéase de 2e génération dispose actuellement d'autorisations temporaires d'utilisation en milieu hospitalier (ATU). Elle devrait arriver sur le marché dans les prochains mois, confirme le Pr Marcellin. "Même si ce médicament sera prescrit aussi en trithérapie, il est bien mieux toléré que les anti-protéases de 1ere génération. On aura donc moins d'effets secondaires." Pour un meilleur confort pour les patients, sa prise sera de plus simplifiée puisqu'on aura plus qu'un unique comprimé. Une troisième molécule, le daclatavir, devrait également obtenir une autorisation de mise sur le marché.
De moins en moins d'effets secondaires."Une quinzaine d'autres molécules arriveront prochainement, sans doute avant la fin de l'année", ajoute Patrick Marcellin. L'intérêt de ces nouveaux médicaments qui combineront le sofosbuvir et le siméprévir, c'est qu'ils permettront de se passer de l'interféron et de la rubavirine, donc qu'ils seront encore mieux tolérés. "De plus, on pourra multiplier par 2 ou par 3 l'efficacité du traitement, avec un taux de guérison proche de 100 %. C'est l'avenir."

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