Hépatite C : les associations dénoncent une médecine à deux vitesses

Une vingtaine d'associations s'inquiètent du coût exorbitant des nouveaux traitements contre l'hépatite C.

Hépatite C : les associations dénoncent une médecine à deux vitesses
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L'hépatite C : bientôt éradiquée ?  C'est en tout cas l'espoir suscité récemment avec l'arrivée sur le marché de nouvelles molécules, tel le sofosbuvir. Des médicaments plus efficaces pour guérir un plus grand nombre de malades mais aussi mieux tolérés. En effet, ces nouveaux traitements présentent l'avantage de pouvoir se passer des interférons, donc d'éviter bon nombre d'effets secondaires aux patients. "Avec l'arrivée des nouveaux traitements anti-viraux, on peut parler de véritable révolution dans les traitements contre l'hépatite C", s'enthousiasmait le Pr Marcellin que nous avions interrogé il y a quelques mois. Oui, mais... Le seul bémol, pointé par 24 associations de malades dans une lettre ouverte, c'est le prix de ces traitements. Des prix très élevés : entre 60 000 et 90 000 euros par personne ! "Va-t-on devoir refuser la guérison à des milliers de malades pour des raisons de coût ?", souligne Aides dans un communiqué. Pour l'association, cette situation est intenable et tout doit être mis en oeuvre pour assurer un accès aussi large que possible à ces traitements. "A quoi bon renforcer le dépistage si on n'est pas en mesure de garantir aux personnes touchées un accès à des traitements de qualité ?", s'interroge Bruno Spire, président de Aides. Sans un meilleur accès aux droits des populations les plus touchées (migrants, population carcérale, usagers de drogues) et une pression des pouvoirs publics pour faire baisser les prix des nouveaux traitements, nous courrons le risque d'une prise en charge à deux vitesses, explique encore l'association.

En France, près de 300 000 personnes sont touchées par le virus de l'hépatite C, un virus qui se transmet dans près de trois-quarts des cas par voie sanguine. Maladie siliencieuse, l'hépatite C évolue sur plusieurs années et peut provoquer une cirrhose dans 10 à 20 % des cas.

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