Hépatite C : vers un dépistage pour tous ? Hépatite C : "il faut dépister tout le monde"

Premier problème, près de la moitié des patients ignorent qu'ils sont porteurs du virus de l'hépatite C. "Parmi les 230 000 Français infectés par le virus VHC, environ 100 000 ne sont pas dépistés, a rappelé le Pr Patric Marcellin. On ne peut rien pour les patients s'ils ne sont pas dépistés et si on ne cherche pas le virus, on ne le trouve pas !".

L'hépatite C est ce qu'on appelle une maladie silencieuse : elle évolue pendant de nombreuses années sans donner de signe particulier. L'idée selon laquelle l'hépatite C fatigue ou provoque la jaunisse n'est d'ailleurs pas justifiée. Le patient peut donc l'ignorer pendant plusieurs années et n'être dépisté qu'en phase terminale. Et le problème, c'est qu'en l'absence de prise en charge précoce, l'hépatite C peut mener à de graves complications : cirrhose, transplantation hépatique, cancer du foie, etc.

Parce que l'hépatite C peut toucher tout le monde, le Pr Marcellin préconise donc un dépistage systématique : "faire un test au moins une fois dans sa vie, est aussi important que de faire mesurer son taux de cholestérol ou sa glycémie". Le spécialiste évoque tous ces patients qu'il croise et qui n'ont pas de facteur de risque particulier : "la plupart du temps, les patients que je rencontre sont des personnes lambda, contaminées il y a des années lorsque les conditions d'asepsie n'étaient pas sécurisées, par transfusion, à l'occasion de soins dentaires ou encore à la suite de la pose de boucles d'oreilles...". Rappelons que l'hépatite C est une maladie qui a une très longue incubation, il faut environ 20 à 30 ans entre le moment où vous êtes infecté et le moment où vous développez les complications de la maladie.

Tests de dépistage rapide. Des tests de dépistages rapides ont été validés et sont en attente d'enregistrement au niveau du ministère. "Il faut maintenant passer à l'utilisation au sein de la population générale. Et l'objectif, serait de proposer un dépistage à tous les hommes entre 18 et 60 ans, au-delà des situations à risque et de recommander un dépistage systématique pour les femmes enceintes, comme c'est déjà le cas pour l'hépatite B, suggère le docteur Marc Bourlière, hépatologue à Marseille (hôpital Saint Joseph). Aujourd'hui, les patients se font souvent dépister à l'occasion d'un bilan médical pour contracter une assurance, mais c'est rarement la communauté médicale qui fait le dépistage. Il faut peut-être des mesures au niveau de l'Etat pour pousser les médecins à dépister leurs patients." 

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