Hépatite C : vers un dépistage pour tous ? Hépatite C : les médicaments sont efficaces à 90 %, sans effets secondaires

Il y a un an tout juste, la communauté des hépatologues se félicitait de l'arrivée de nouvelles molécules "révolutionnaires" capables de guérir près de 100 % des malades. Sofsbuvir, Siméprévir... Au total, une vingtaine de molécules ont été développées entre 2013 et 2014. Aujourd'hui ces médicaments sont disponibles sous la forme d'un comprimé unique à prendre pendant trois mois seulement. Et surtout, ils sont très bien tolérés par les patients, contrairement aux anciens médicaments à base d'interféron, dont les effets secondaires étaient particulièrement handicapants (effets sur l'humeur, irritabilité, etc). Enfin, et à l'inverse des traitements contre l'hépatite B et le VIH, qui se contentent "d'endormir" les virus, ces nouveaux médicaments présentent l'intérêt de détruire de manière irréversible le virus de l'hépatite C. "Après 12 semaines de traitement, on a la possibilité d'éradiquer complètement le virus du corps des patients, confirme le docteur Raphael Esteban, hépatologue à l'hôpital Vall-d'Hebron (Barcelone). Actuellement, il n'existe aucune autre infection chronique pouvant mener au cancer du foie et que l'on a la possibilité d'éliminer en si peu de temps. C'est une première médicale !", a encore souligné le spécialiste espagnol, à l'occasion du congrès international annuel des hépatologues, qui se tenait à Paris les 12 et 13 janvier.

Mais c'est aussi un véritable paradoxe qu'a tenu à souligner le Pr Patrick Marcellin, hépatologue à l'hôpital Beaujon à Paris et Président de ce 8e congrès. De fait, alors que l'on dispose désormais de traitements révolutionnaires et efficaces, se pose la question de l'accès aux traitements. "On a la possibilité de guérir tous les malades et d'éradiquer le virus. C'est un objectif réaliste mais à présent il faut s'en donner les moyens. Et pour cela il faut la collaboration de tous : les médecins, les patients, les politiques et les médias."

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