Hépatite C : un dépistage insuffisant

Le 30 mai aura lieu la journée nationale de lutte contre les hépatites virales. L'occasion pour l'Association SOS hépatites de relancer sa campagne d'information et de sensibilisation sur l'hépatite C, une épidémie responsable de près de 3 500 décès par an en France.

Hépatite C : un dépistage insuffisant
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L'hépatite correspond à une inflammation du foie, généralement causée par une infection (virus, champignon, bactérie ou parasite), une prise excessive de médicaments, une ingestion de toxines ou de produits chimiques. Le virus de l'hépatite C (ainsi que celui de l'hépatite B et D) peuvent entrainer des infections virales chroniques du foie. Selon l'OMS, près de 150 millions d'individus à travers le monde seraient touchés par l'hépatite C. Un fléau planétaire mal connu en France, comme le révèle l'enquête nationale "Les Français et l'Hépatite C", menée auprès d'un panel représentatif de 1 000 Français. En effet, si 95 % des personnes interrogées ont conscience de la gravité de la pathologie, 66 % d'entre elles ignorent qu'il est aujourd'hui possible de guérir de l'hépatite C. Une situation qui inquiète le Dr Pascal Mélin, Président de SOS hépatites, qui rappelle "la nécessité de provoquer une réelle prise de conscience du grand public, des pouvoirs publics et des professionnels de santé sur cette question majeure". Toutefois, une nette majorité de la population connait les modes de contamination du virus (VCH), qui se transmet par un contact direct avec du sang ou des produits sanguins contaminés : usage de drogues (partage de seringues), transfusion sanguine avant 1992 (aucun test de dépistage du virus n'existait auparavant), transmission de la mère à l'enfant, transmission sexuelle (rare mais possible, notamment en cas de rapport pendant les règles). Aucun risque, donc, de contracter la maladie lors d'un baiser, d'une poignée de main ou d'une proximité avec une personne qui tousse, contrairement à certains préjugés. Concernant le diagnostic, il repose dans un premier temps sur la détection d'anticorps anti-VHC dans le sérum par un test Elisa puis est complété, si le test est positif, par la recherche du matériel génétique du virus (ARN VHC) dans le sang. Le test de dépistage est intégralement remboursé par la Sécurité social.

Plus on soigne tôt, plus on a de chance de guérir

Plus de 200 000 personnes sont porteuses du virus de l'hépatite C en France mais 43 % d'entre elles l'ignorent. Par ailleurs, 33 % des Français pensent avoir déjà connu une situation de contamination, pourtant 59 % n'ont jamais été dépistés. Des constats qui s'expliquent sans doute par un manque d'information, des idées reçues qui persistent (58 % des sondés croient qu'il existe un vaccin, 46 % pensent qu'il est impossible de contracter une hépatite C sans s'en apercevoir) et une forte méconnaissance des traitements existants. Les complications surviennent généralement après 20 ou 30 ans. L'hépatite C reste en effet sous-traitée malgré l'apparition de nouveaux traitements, telles que les trithérapies depuis 2011, qui permettent de guérir plus de 50 % des cas. Si 73 % savent qu'il en existe, 70 % pensent à tort qu'ils doivent être pris à vie. Seulement 34 % savent que ces traitements permettent de guérir de l'hépatite C. Cependant, il n'existe, à ce jour, pas de vaccin, contrairement aux hépatites A et B.

Source : dossier de presse Association SOS hépatites, mars 2013.

En VIDEO : mieux comprendre l'hépatite C

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