Grève des médecins à Noël : ce qu'il faut savoir

Médecins, spécialistes et urgentistes appellent à la grève pour la période des fêtes de Noël. Voici ce qu'il faut savoir pour trouver un médecin pendant les fêtes.

Grève des médecins à Noël : ce qu'il faut savoir
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[Mise à jour, 11h55] La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a annoncé, ce lundi, la conclusion d'un accord avec les médecins urgentistes. "La levée du préavis de grève des urgentistes est évidemment une excellente nouvelle", a-t-elle déclaré à la sortie du conseil des ministres.

Les appels à la grève des professionnels de santé, annoncés pour la fin d'année et pour début janvier, se sont amplifiés ces dernières semaines, malgré le report de l'examen du projet de loi santé devant le Parlement au printemps. Les motifs de grogne sont nombreux : généralisation du tiers-payant, instauration d'un "service public hospitalier", renforcement du pouvoir des agences régionales de santé, etc. Outre les restrictions budgétaires et le manque de personnels qui dégradent les conditions de travail, les urgentistes sont quant à eux, très remontés de se voir exclus du compte pénibilité, réservé aux salariés du privé. N'étant pas fonctionnaires, ils ne peuvent pas non plus bénéficier d'un départ à la retraite anticipée. 

Le mouvement de grève devrait, selon les sondages effectués ces dernières semaines, être suivi par 70 à 80 % des professionnels de santé. Qui allez-vous consulter en cas de gastro ? Qui vous accueillera aux urgences en cas de mauvaise chute ? Réponses.

Qui fait grève ?

Les médecins urgentistes appellent à une grève illimitée à compter du 22 décembre. Les médecins généralistes et spécialistes libéraux suivront le 23 puis le 24 décembre, jusqu'au 31 décembre. 

Comment trouver un médecin ?

D'abord, pas d'inquiétude si vous devez vous rendre aux urgences. Certes le mouvement s'annonce très suivi, mais les soins et les gardes seront assurés. Les directeurs des hôpitaux ont en effet l'obligation d'assurer la présence d'un nombre minimum de médecins et de soignants pour garantir le bon fonctionnement des services. Au programme donc, des brassards et des banderoles, mais aussi des pétitions pour obtenir le soutien des patients. Les urgences resteront donc ouvertes pendant les fêtes.

Côté médecins généralistes, la période de grève coïncide à une période où ces professionnels de santé sont habituellement en congés quoi qu'il en soit. Cette année, plus que jamais, vous devriez donc trouver le cabinet de votre médecin fermé. Inutile de consulter pour un rhume ou une bronchite entre le 24 et le 31 décembre. Toutefois, la permanence des soins devrait être assurée pendant la période des fêtes de fin d'année a confirmé la ministre de la Santé, ce lundi. Sauf qu'en pratique, le ministère conseille de contacter en premier lieu le médecin traitant, au cas où il ne fasse pas grève ou qu'il ait prévu un remplaçant, puis d'appeler le 15. Voici ce que l'on peut lire dans le communiqué de presse :

 En journée, les 23, 24, 29 et 30 décembre, et les 2 et 3 janvier : contactez d'abord votre médecin traitant ; s'il n'assure pas ses consultations, contactez le 15 ; vous serez orienté en fonction de votre situation médicale
 La nuit (à partir de 20h00) et en journée, les 25, 26, 27, 28 et 31 décembre, et le 1er janvier : le dispositif de permanence des soins ambulatoires (service de garde des médecins libéraux) s'applique ; contactez directement le 15 ou le numéro départemental d'appel de la permanence 
des soins ambulatoires ; vous serez orienté en fonction de votre situation médicale
 Dans tous les cas, pour toute urgence médicale grave ou en cas de doute : contactez directement le 15.

Bref, autant dire que le SAMU risque d'être débordé. Si vous souffrez d'une maladie chronique, mieux vaut être prévoyant et consulter rapidement, avant le mouvement de grève.

En ce qui concerne les spécialistes, étant donné le délai pour obtenir un rendez-vous en temps normal, mieux vaut ne pas compter sur la période des fêtes pour consulter. Dermatologues, cardiologues, ORL, anesthésistes, radiologues... Nombreux sont les spécialistes à avoir appelé à cesser toute activité dans les cliniques ou cabinets. Les opérations programmées non urgentes pourront donc être décalées. En revanche, les soins vitaux du type dialyse seront assurés, les pouvoirs publics pouvant réquisitionner des médecins pour assurer la continuité des soins. "Nous avons l'obligation de tenir le patient informé pour le diriger dans sa prise en charge. Dans les cabinets médicaux, un message indiquera donc à qui le patient pourra s'adresser en cas d'urgence", notamment le 15, avait expliqué la semaine dernière à l'AFP Patrick Gasser, président du syndicat de spécialistes Umespe-Csmf. Les agences régionales de santé "ont déjà réuni, ou sont en train de réunir, les comités départementaux de l'aide médicale d'urgence. A l'échelon de chaque département, ils regardent ce qui est absolument indispensable dans tous les domaines (généralistes, spécialistes) pour la sécurité de la population", précise Jean-Paul Ortiz, président de la confédération des syndicats médicaux français (CSMF), un des quatre syndicats appelant à la grève.